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28/03/2008

MES SOUVENIRS D'EX EMPLOYE DE BANQUE AU C.I.C DE PARIS

La note précédente  débute une série de notes que je désire  consacrer à mes trente cinq années passées derrière les barreaux d’une banque..

 

Je vous rassure : Cela  ne sera ni austère ni technique
Je raconterai un monde qui n’existe plus : celui de la banque des années 70.

Je vous conterai des anecdotes drôles ou touchantes.

Je brosserai le portrait de collègues et de clients avec qui j’ai partagé ma vie professionnelle.

Je me limiterai à la période 1970-1985. Après cette période, fin d'un autre âge, la Banque a subi beaucoup de transformations qui en ont fait un monde plus dur et moins humain, beaucoup moins drôle à décrire …

 

Je vais faire paraitre ces souvenirs bancaire chaque jeudi à 18 heures.

Voici donc ma première note de « Mes souvenirs d’en banque »(liée directement à celle d’hier), dans la catégorie "Portrait de clients".

1 - SOUVENIRS BANCAIRES - MARIANNE OSWALD.

PORTRAITS DE CLIENTS : 

1-MARIANNE OSWALD.

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En 1972, après 2 ans passés à l’agence bancaire du C.I.C de Montmartre pour faire mes premières armes, je fus muté à l’agence de la Rue du Bac. J’y exerçais une fonction  de polyvalence : caisse, guichet, comptabilité, tenue des coffres, change et parfois coursier. Je passais d’une « petite  succursale » de 12 personnes à une « grosse » de plus de 20 personnes…
L’accueil fut chaleureux…

Arrivé depuis deux jours, j’étais occupé à faire les « chèques remis » un des travaux les plus ingrats en succursale. J’entends alors  le « Troisième de Succursale» (Après directeur et Sous directeur, disons « l’Adjudant » en terme militaire) demander à la cantonade :

- « Qui veut recevoir demain matin, Marianne Oswald pour l’aider à pointer son compte ? »

 

Le nom de Marianne Oswald me renvoie d’un coup dans mon enfance

medium_Marianne_oswald.2.jpg-«  Marianne Oswald  est-ce bien cette dame à la voix rocailleuse que j’écoutais le jeudi matin à la radio ? Cette dame qui racontait des histoires de tous les pays qui m’enchantaient ? Cette dame qui disait entre autres des textes de Rémo Forlani ?. »

Je ne peux que répondre :

-«Oui !, moi !: ».

Je suis tellement dans mes souvenirs radiophoniques que je vois à peine le sourire en coin du « troisième » et que je n’entends pas les ricanements feutrés derrière mon dos.

 

Le lendemain, curieusement, le « troisième » m’a aménagé un bureau devant la porte de la Direction. Depuis la veille, dans ma tête je me répètes ce que je vais dire à Marianne Oswald :

-« Madame j’aimais beaucoup vos émissions à la radio, j’attendais avec impatience le jeudi pour vous entendre …etc.»  Bref, je me fais un film d’enfer …

Je commençais à trier et étudier les documents que m’avait laissés le « troisième », quand il arrive accompagné d’une petite bonne femme rabougrie d’environ soixante dix ans, pleine de tics et portant un énorme cabas lourd et difforme..

-« Voila le monsieur qui va vous aider dit le «troisième » en s’esquivant prestement.

J’allais dire quelque chose d’aimable, quand d’un coup vif, le cabas est retourné. Son contenu tombe en s’éparpillant sur la table. Des feuilles, des classeurs, des carnets de chèques en pagaille. Une partie tombe à terre. Je me penche pour ramasser. J’entends alors claquer une voix rauque et grave que pourtant, il me semble reconnaître. :

-«Vous me paraissez un peut trop débutant pour vous occuper de mes comptes, Jeune homme !! ».

Puis, sans que je puisse placer un seul mot je suis entraîné dans un tourbillon infernal. Marianne Oswald, puisque c’est bien elle, triture les papiers, déchire les feuilles, les jette à terre. Elle hurle en faisant de grands gestes et des moues terribles.

 Je suis complètement étourdi, abruti.   Elle mélange tout : débit, crédit, nouveaux francs, anciens francs, factures, relevés de compte, dates… Evidemment tout ce que j’affirme est faux. Je me fais traiter de tous les noms d’oiseau… J’arrive presque à croire que  2 et 2 font cinq.

Ce supplice (Une de mes plus cinglantes expériences bancaires) va durer plus d’une demie heure. Enfin, le Directeur sort de son repaire et vient à mon secour.

C’est surprenant comme un « supérieur » même s’il dit exactement ce qu’a affirmé le « grouillot », est lui, cru sur parole. Marianne Oswald se calme, accepte la position de son compte et repart rassurée, son cabas sous le bras.

Quelques minutes aprés, la succursale venant de fermer à la clientèle, le  "troisième" tout sourire me demande en se frottant les mains :

 

-« Cela c’est-il  bien passé avec Marianne Oswald ? »

Je m’entends dire dans un souffle.

-« Oui, cela c’est très bien passé. Merci pour le bizutage ! ».

Il s’agissait bien d’un « bizutage » puisque j’entends une partie de mes collègues rire aux éclats et une voix féminine  déclamer : « Bienvenue au D Bac, Pierre !».

 

Je revis plusieurs fois Marianne Oswald., mais accompagné d’un «Responsable».

Ce qui me désole, c’est que, jamais je n’ai pu lui faire part de mon admiration. Lui dire combien ses émissions radiophoniques enchantèrent mes jeudi d’enfance…

Mais très vite je fus affecté au guichet « Change » de la succursale et ma clientèle fut plutôt étrangère et de passage à Paris.

 

J’appris cependant que Marianne Oswald vivait depuis la guerre dans une chambre à demeure de l’Hôtel LUTECIA à deux pas de l’agence

 Cet hôtel de Luxe avait servi en 1945 à recevoir .les déportés venant des camps de concentration….

C’est bien plus tard que je connu l’œuvre chantée et cinématographique de Marianne Oswald.

Quand elle décéda en 1985, j’avais quitté la rue du bac depuis longtemps..

 

Marianne Oswald (à gauche) et son amie Fréhel.

medium_MarianneFrehel.jpg

 

 

J'ai chez moi une interview de Marianne Oswald avec des morceaux d'émissions "pour enfants" du jeudi matin et des chansons.

Mais étant enregistrée sur une cassette audio, je n'ais pas trouvé le moyen de la transférer sur ordinateur.

Y a t il un moyen ?..... 

 

Cependant, vous pouvez l'entendre chanter sur cette page :

 

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.view...

 

 

A jeudi prochain pour d'autres souvenirs du C.I.C.

27/03/2008

MARIANNE OSWALD.

L'ami Henry, qui "laisse jazzer",  dans sa note de dimache dernier 23 Mars, consacrée à Prévert et la Rue Mouffetard nous faisait entendre la voix étrange de Marianne OSWALD.

Cela m'a donné l'idée d'écrire une note sur ce personnage exceptionnel.

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Marianne Oswald, de son vrai nom Alice Bloch-Colin, est une chanteuse et actrice née le 9 janvier 1901 à Sarreguemines à l'époque ville allemande, de parents juifs émigrés de Pologne.

Marianne Oswald entame sa carrière de chanteuse vers 1920 dans les cabarets de Berlin.

medium_mar_oswald01.jpgEn 1931, devant la montée du Troisième Reich, s'exile à Paris, où elle introduit dans la chanson française des techniques propres à l'expressionnisme allemand. Elle séduit par sa diction très particulière, son « parlé chanté » brechtien, sa voix tour à tour brute et tendre.

Elle se produit au Bœuf sur le toit où elle chante les chansons de Bertolt Brecht et Kurt Weill : La Complainte de Mackie, La Fiancée du pirate, Le Chant des canons,
C'est la même année que Jean Cocteau
J lui écrit Anna la bonne, « chanson parlée » qui sera suivie par
En 1934, Marianne Oswald chante à Pleyel la chanson Appel, de Jean Tranchant. Elle est sifflée, mais Jacques Prevert prend sa défense avec quelques amis. De cette rencontre naîtra une collaboration fertile entre le poète et la chanteuse : dès avril 1935, elle enregistre Embrasse-moi, sur une musique de Wal Berg.

Pendant l'été 1934, un fait-divers scandalise Jacques Prévert. Une trentaine d'enfants s'étant évadés du bagne de Belle Ile en Mer en réponse aux violences des surveillants du réfectoire, l'administration propose une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé. Les badauds et les touristes se joignent donc au personnel du bagne pour leur donner la chasse. Prévert réagit en écrivant d'une traite le poème Chasse à l'enfant, mis en musique par Joseph Kosma et enregistré par Marianne Oswald

En 1938, elle entame une carrière d'actrice. Puis, de 1940 à 1946, elle s'exile aux Etats Unis où elle se produit dans les cabarets et à la radio.

De retour à Paris, elle joue de nouveau au cinéma.

Elle se consacrera ensuite à la production d'émissions télévisées pour enfants, elle intervenait également à la radio, sur Paris Inter.

Marianne Oswald, meurt en février 1985.

 

 

Marianne OSWALD et Jacques PREVERT. Fin des années 30 :

medium_marianneprvert.jpg

 

 

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Marianne OSWALD chante Kurt WELL 

Le chant des canon (Brecht-Weill)

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Marianne OSWALD chante Jacques PREVERT.

A la belle étoile.

La grasse matinée.
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" C'était la personnalité extraordinaire et compliquée qu'elle n'a jamais cessé d'être :exigeante, impatiente, malheureuse, impétueuse, flottant toujours entre la tendresse et l'agressivité,
entre la bonté et la méchanceté, entre la vie et le suicide
. "  Joseph Kosma " Jacques Prévert, en vérité " d'Yves Courrière, Editions Gallimard, 2000.
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J'ai connu Marianne Oswald en 1972 quand je je travaillait rue du Bac à la succursale bancaire du C.I.C.
Ce qu'écrit Joseph Kosma me semble assez juste sur la personnalité de Marianne OSWALD.
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Demain Vendredi, dans le cadre de mes souvenirs d'en banque, je vous raconterai ma rencontre professionnelle avec Marianne OSWALD
 
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