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10/04/2008

3-SOUVENIRS BANCAIRES-

 JACQUES FABBRI.

1971. Succursale BP Montmartre du C.I.C. Avenue Junot. Paris XVIIIème arrobissement.

Un mardi matin comme les autres. Quelques minutes avant neuf heures. Je m’active derrière le guichet à préparer ma caisse. Je suis tout nouveau caissier de banque. A peine six mois d’ancienneté. Le caissier principal « Riton » un ancien gendarme, prés de la retraite m’aide et me prodigue donne encore quelques conseils.

Nous portons tous deux une blouse blanche car le métier de caissier est un métier manuel salissant. Un sac de 500 pièces de un franc pèse un peu plus de 4kg. Nous ne les comptons pas, nous les comparons avec un sac témoin. Et c’est juste. Ma belle blouse blanche le lundi matin  bleuit au fil des jours.. Car nous utilisons pour les reçus de caisse des imprimés en plusieurs exemplaires carbonés. Nous donnons l’original au client et gardons le double avec le carbone. Je ne sais pas comment il fait Riton mais  sa blouse reste étonnamment blanche, ce qui fait très vite un contraste saisissant avec  la mienne maculée. Le vendredi  je restitue à la laverie par le camion du soir, une blouse qui a viré ostensiblement au bleu violet. Notre seule coquetterie reste la cravate obligatoire.  Nous utilisons chacun une calculatrice électrique qui enregistre les retraits et dépôts en imprimant une bande de papiers, qui le soir venu mesure plusieurs mètres de long. Le résultat donné par ce ruban doit correspondre au contenu de la caisse…Mais je reparlerai de tout cela...

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Ca y est, il est pile neuf heures. Le sous-directeur ouvre la lourde porte grillagée. Il y a une seconde porte. Mais ce mini sas n’est pas sécurisé. Les premiers clients entrent en trombe dans la succursale, comme un essaim d’abeilles qui s’égaille  dans toute les directions.. La succursale devient d’un coup bourdonnante. A la caisse, nous recevons les commerçants du quartier, qui viennent, pressés, avant d’ouvrir leur boutique, nous remettre la recette de la veille, espèces et chèques, et surtout pour se munir en rouleaux de pièces de monnaies.

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Soudain, la porte est bousculée bruyamment. Une voix tonitruante éclabousse  le bourdonnement encore discret de ce début de matinée :

-«  Bonjour M’essieurs-Dames.! »

Une odeur chaude et  poivrée de tabac oriental envahit par volutes la succursale.

Un colosse ébouriffé à la moustache en balai brosse, une énorme pipe au bec, envahit l’espace et s’avance en grandes enjambées vers la caisse.

 

Il s’agit de Monsieur FABBRICOTTI, plus connu sous le nom de jacques  FABBRI, l’acteur, metteur en scène  ancien chef d’une troupe de théâtre..

medium_fabbri_jacques02.jpgNous le savons, nous l’attendons, chaque mardi matin, il passe nous voir avant de partir à la campagne. En effet, il joue en ce moment au théâtre Fontaine, une pièce de Jean CAU « Pauvre France ». Et comme le jour de relâche se trouve être le mardi soir, il part le mardi matin dans sa maison de campagne jusqu’au mercredi après midi. Il est accompagné de son épouse Claudine COLAS qui joue avec lui dans la même pièce.  

Nous l’aimons bien Monsieur Fabbricotti. Il raconte avec sa voix et sa verve inimitables  des histoires interminables ponctuées de rires énormes et de généreuses bouffées de ce tabac à l’odeur si forte et parfumée que je n’ai jamais connu ailleurs.

.Il faut dire aussi,: il lui arrive de laisser quelques pourboires généreux…

Le temps semble s’arrêter, tout le monde écoute ce conteur farceur, les collègues sortis de leur bureau, les medium_fabbri_pauvre_france_2.jpgclients devenus soudain patients et heureux de faire la queue.

Quand, monsieur Fabbri est reçu dans le bureau du Directeur, malgré la porte fermée on entend, fait extrêmement rare, le patron rire aux éclats.. . Le patron, sympa, s’il s’en souvient,  nous raconte les histoires après le départ de Jacques Fabbri.

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Parmi d’autres, un exemple des fascéties de Jacques Fabbri :
Un mardi matin, donc, Jacques Fabbri, arrive avec sa femme et son extravagante bouffarde. Il passe difficilement la porte de l’agence car il porte trois cannes à pêche en bambous longues de plus de deux mètres. Sa femme porte avec précaution un énorme sac,  peu lourd mais dont le contenu semble être fragile. Voyant mon étonnement. Il me dit :
-« Voyez vous jeune homme, je viens d’acheter tout cela chez le marchand d’articles de pèche non loin d’ici  Dans ma maison à la campagne il y a des fenêtres velux haut perchées. Avec ces cannes en bambou je peux les ouvrir ou les fermer sans monter sur un escabeau »

Son épouse ayant posé délicatement l’énorme sac sur le guichet, il l’ouvre et me montre trois aquariums ronds de différentes tailles ;

-« Et  ces aquariums,  je m’en sers comme saladiers. »

Il empoigne sans ménagement le plus grand des ronds  bocaux devant sa femme effrayée, persuadée d’un bris imminent de verre. Il me démontre gestes à l’appui qu’il est très facile de touiller la salade à l’intérieur  sans faire tomber une feuille  à l’extérieur. Tout naturellement , cette démonstration digne d’un camelot de talent se termine en fou rire général….

medium_fabbri_jacques01.jpg

Jacques Fabbri, fut un des rares artistes sympathiques et naturels que j’ai connu dans mon parcours bancaire. Les autres avaient plutôt une méfiance congénitale devant le « banquier » et une totale insouciance voir un mépris obtus devant les dures réalités matérielles et  financières….

 

Désormais, voyant un brave poisson rouge tourner bêtement en rond dans son bocal, je ne peux m'empécher d'y voir à la place la salade remuée par Jacques Fabbri...

PETIT TOPO SUR :

JACQUES FABBRI :

Né le 4 juillet 1925 à Paris, Jacques Fabbricotti, fils de décorateur et petit-fils de sculpteur, envisage de poursuivre des études d’art décoratif ou de diriger un orchestre.
Il entreprend cependant des études de droit  avant de succomber à l’attrait des planches.
En 1947, il entre à l’école du Vieux Colombier, et débute sur cette même scène,  dans “Lucienne et le boucher” de Marcel Aymé.

medium_40045.jpgIl rejoint ensuite la compagnie Georges Vitaly  puis la compagnie Marcel Marceau, en 1952, avant de créer sa propre troupe en 1953 avec Raymond Devos et Claude Pieplu.
 Il y interprète de nombreuses pièces :les “Les Hussards” (1953), “La Famille Arlequin” (1955), “Jules” (1956), “Misère et noblesse” (1957), “Je veux voir Mioussov” (1965) et “Un Chapeau de paille d’Italie” (1970).
En outre, Jacques Fabbri diversifie ses activités théâtrales en dirigeant le Centre Dramatique du Sud-Est d’Aix-en-Provence de 1963 à 1964 ou en mettant en scène “Le Songe d’une nuit d’été” de Shakespeare à la Comédie Française 

 Après la dissolution de sa troupe, il participe à différentes pièces telles que “Pauvre France” (1971), “La Bande à Glouton” (1974), “Le Scénario” (1976), “Feu Toupinel” (1980), “Le Légataire universel” (1981), “L’Étiquette” (1983), “Le Malade imaginaire” (1990) et “La Nuit des rois” (1996).

Pour ses débuts au cinéma, il intègre la bande de copains évoluant dans le Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre dans RENDEZ-medium_fabbri5628.jpgVOUS DE JUILLET. Dès lors, Jacques Fabbri prête sa bonhomie naturelle et son allure joviale à des personnages débonnaires, parfois forts en gueule mais serviables et fidèles en amitié.

Il s’adapte avec facilité aux professions et situations sociales les plus variées : homme d’affaires (LA BANQUIÈRE)
, commissaire (SIGNÉ FURAX), journaliste (BOBOSSE), il incarne également le frère de Jeanne d’Arc dans DESTINÉES. 
En 1981, sa prestation la plus nuancée, celle du policier ambigu et corrompu de DIVA.
Présent à la télévision dès 1952, Jacques Fabbri y interprète notamment “ “Schulmeister, espion de l’empereur” (1971) medium_fabbri_schulmeister.jpg
et “La Mort aux truffes” (1989).
Jacques Fabbri est également l’auteur, avec André Sallée, de “Clowns et farceurs”, ouvrage consacré au cirque et aux clowns (1982).
Marié à la comédienne Claudine Collas, il meurt le 24 décembre 1997 à Tourgeville (Calvados).

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-Un téte à téte savoureux avec Micheline Dax dans la pièce "Interdit au public."

-Un gag trés court du fim "La Belle américaine ":

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