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29/05/2008

8-SOUVENIRS BANCAIRES-C.I.C.

-LES COFFRES (3).

 

LES COFFRES DES DEFUNTS.

Quand un propriétaire de coffre disparaît, se pose la question : « Que vont devenir les objets précieux ou non qui s’y trouve ? »

La disparition n’est pas forcément définitive.

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Dans la grande salle aux 950 coffres de la succursale CIC de la rue du bac en ces années soixante dix, cinq ou six coffres attirent  l’attention. Un gros cachet de cire rouge est apposé sur la serrure et en interdit légalement l’ouverture. Les propriétaires ont disparu depuis longtemps, peut être par fait de guerre. L’attente de leur retour hypothétique ou de la fin de la  prescription trentenaire justifie cette intervention de la justice.  Une recherche d’héritiers ou une contestation d’héritage peuvent aussi être les raisons de l’apposition par huissier de ces Scellés.

L’ouverture d’un coffre par les héritiers du propriétaire  décédé amène souvent de surprenantes découvertes. Cette ouverture se fait en principe devant un notaire, un huissier, les héritiers.

Si les heureux successeurs du défunt sont en possession de la clé; cela ne pose pas de problèmes. Si le «de- cujus»  (le droit a de ces termes !) a emporté le sésame dans la tombe, il faut employer les grands moyens. Un perceur de coffre-fort professionnel est appelé à la rescousse.  En fait, un employé de la marque du coffre concerné (en principe Fichet Bauche).. Il vient avec sa chignole et perce l’acier dans un vacarme assourdissant, devant les héritiers impatients

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Un mythe circule : Celui des héritiers avides de trésors qui, à l’ouverture du coffre d’un vieil Arpagon ne trouvent  qu’un vieux pot dégoulinant de confiture avec un mot « Régalez-vous les amis! ».

Des histoire analogues  arrivent plus souvent que l’on croit..

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Ma mère qui travaillait en 1930 à l’Agence BNCI (Future BNP PARISBAS) de Dreux m’a raconté une histoire morbide :

Lors de la crise de 1929, Un vieux Monsieur s’est révolvérisé dans la salle forte de l’agence Drouaise. Son coffre était ouvert, et les titres papiers qui ne valaient plus un clou de girofle  virevoltaient autour de son cadavre. Il avait eu le temps d’écrire un petit mot destiné à sa petite fille, lui demandant pardon….

La recherche d’un dernier testament peut s’avérer fructueux. Le notaire suivis par les récipiendaires haletants emporte alors  le précieux grimoire dans son étude avec les autres objets découverts dans le coffre. Que d’espoirs déçus et de surprises éclatent alors….

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J’ai été témoins de plusieures ouvertures de coffres après décès du titulaire. 

Certaines ouvertures sont savoureuses ou mouvementées :

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La première qui me vient à l’esprit concerne une cliente tout à fait atypique. Une petite bonne femme rabougrie d’environ soixante dix ans. Elle descendait souvent à son coffre.

Elle arrivait à mon guichet, toute essoufflée, en regardant anxieusement autour d’elle, les yeux exorbités. Tout bas, presque à mon oreille, elle murmurait :

 -« Quelqu’un me suit partout, dans la rue, chez moi, même ici, on en veut à ma vie ! ».

Dans la salle des coffres, elle me demandait de rester non loin d’elle pour surveiller que personne ne vienne l’importuner. La dame repartait en regardant nerveusement autour d’elle. A grandes enjambées. En s’enfuyant presque.

Puis je ne vis plus la dame. J’appris son décès quelques mois plus tard par notre service des successions m’avertissant du passage de son héritier pour l’ouverture du coffre.

Un homme d’une trentaine d’année, se présenta donc à mon guichet.  Souriant et décontracté, il portait  une petite valise en carton et  plaisantait avec le clerc de notaire qui l’accompagnait. Pendant les signatures, je racontais la phobie de la dame.

-«  Je sais » me dit  l’homme machinalement

- « Ma tante était aussi comme cela avec nous, la folie de la persécution. »
Et il ajouta :

- « Je sais bien ce que je vais trouver dans le coffre ».

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Comme le neveu avait récupéré la clé, le coffre fut ouvert très vite….

Selon le règlement, l’employé de la banque que je suis doit servir de témoin. J’assiste donc à la récupération du contenu du coffre. Un contenu surprenant.

Des statues de la Sainte vierge. Des petites bouteilles d’eau miraculeuse, de Lourdes et d’ailleurs. Mais surtout, des dizaines d’enveloppes non cachetées contenant une image pieuses et un ou deux billets de banque. Sur chaque enveloppe est indiqué, d’une écriture tremblotante à l’encre verte, un destinataire différent : église, oeuvre charitable, congrégation de bonnes sœurs, etc.

Malgré le nombre des dons,  la somme totale était probablement assez modeste.

Le neveu, en un tourne main, a entassé tous ces bibelots et enveloppes dans la valise.

Puis, en partant avec le clerc de notaire, son précieux butin sous le bras, il me dit….

-« Nous emportons tout cela à l’étude. Selon le souhait de ma tante, nous enverrons toutes ces enveloppes à leurs destinataires. »

Quant à moi, j’ai fait signer une résiliation de location de coffre et récupéré la clé….

Le coffre se trouvait donc libre. Mais par pour longtemps car j’avais des demandes de location en liste d’attente….

medium_IMG_5512.JPG

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La seconde histoire d’ouverture de coffre, suite à un décès, est tellement étonnante et m’a laissé un tel souvenir hilarant  qu’elle  mérite que je ne  vous la raconte que  la semaine prochaine….. 

Rendez-vous la semaine prochaine : même blog, même jour, même heure...

 
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