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06/11/2009

SE SOUVENIR DU MUR DE BERLIN.

Un extrait de mon feuilleton "AN PAR AN" pour 1961  :

- "En vacances avec mes  parents en Alsace. Un matin, un peu avant le quinze Août, à l’Hôtel de Sélestat ou nous étions logé, en descendant de ma chambre j’aperçois papa en grande conversation avec le gérant de l’établissement.

1961 construction murdeBerlin.jpgJ’apprends très vite qu’ils étaient l’un l’autre prisonnier de guerre en 1940/45. Mais ils ont l’air inquiets. La radio vent d’annoncer que les Allemands de l’Est, certainement  poussé par leurs occupants Russes, sont en train de construire un mur infranchissable entre Berlin Est et Berlin Ouest, secteur contrôlé par les alliés. Papa connaît bien Berlin pour y avoir été retenu pendant 5 ans et subi plus de 200 bombardements des Américains. Il peut ainsi à l’écoute de la radio, suivre  mentalement le tracé de ce mur à  travers la ville qu’il a si souvent arpenté.   Pour ces deux anciens prisonniers de guerre cette tension entre les deux blocs est très dangereuse.
 « Aura-t-on la guerre ? »

Les Berlinois commencent sans le savoir 28 ans de séparation arbitraire car ce mur est très particulier et restera unique dans son genre.  Contrairement aux autres murs, comme celui de la muraille de chine ou le mur d’Adrien en Angleterre, il  n’est pas construit pour contenir une invasion venue de l’extérieur mais pour empêcher les habitants de l’Est de fuir leur pays. Preuve que le paradis soviétique prôné par l’occupant Russe ne tient pas tout à fait ses promesses."


Un symbole : Visite du mur de Berlin par JF Kennedy en 1962 avec W. Brandt Maire de Berlin et K Adenauer, Chancelier et le fameux "Ich bin ein Berliner"

Par la suite ayant vécu quelque temps en Allemagne j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de me rendre à Berlin Est, (en 1970 et 1976).

 Berlin, à l’époque était une ville bicéphale :
 A l’Ouest beaucoup d’animation des magasins, des immeubles neufs.

 A l’est : morosité.Encore beaucoup de ruines stigmates de la guerre et un niveau de vie bien inférieur à celui de l’Ouest. Et la présence oppressante du mur.

Les Allemands de l’ouest avaient installé sur le toit d'un immeuble surplombant le mur, un immense  journal  lumineux pour informer hors propagande les Allemands de l’Est des actualités occidentales.

Passer à travers le mur était pour un Français facile mais impressionnant. Je me rendais à l’Est par le métro qui zigzaguait entre les deux parties de Berlin. Les contrôles étaient très tatillons. Interdiction formelle de passer des journaux occidentaux, obligation d’acheter des marks d’Allemagne de l’Est à un cours prohibitif, etc.  .  

 Se promener à cinq personnes dans une étroite et pétaradant Trabant sentant l'huile((moteur à deux temps) la nuit dans les rues peu éclairées de Berlin Est et parcourues de nombreuses voitures policières fut pour moi une expérience unique.  Dormir dans un appartement sans chauffage avec une température de moins 2 degrés (-18 à l’extérieur) (Le chauffage se faisant par des poêles au bois. Mais le bois était rationné.) fut aussi surprenant.

 Le grand-père de la famille qui m’accueillait vivait à l’Ouest. Quand il fut malade, sa fille eut l’autorisation de sortir de Berlin Est pour le voir à l’hôpital. Mais on lui a bien fait comprendre que s’il lui prenait l’idée de ne pas rentrer, sa famille restait « en otage » à l’est.

Pour moi le souvenir le plus marquant fut celui des adieux avec mes jeunes amis allemands devant le métro qui devait me ramener à la vie occidentale. Elke, jeune femme de 25 ans ,  les armes aux yeux me disant :
- « Toi tu peux aller de l’autre côté du mur. Nous, la simple idée de vouloir partir est passible de prison."
J’entends encore ce mot "prison"martelé par Elke  en détachant nerveusement les syllabes  « Gefângnis , Ge-fân-gnis» 

 

 Il y a vingt ans, en Novembre 1989 le mur disparut et l’Allemagne divisée se réunifia. Mais d’autres « murs de la honte » existent toujours, uniquement des murs anti- invasion de l’extérieur : entre Israéliens et Palestiniens, entre Américains et émigrants mexicains, et d’autres moins connus. Quand tous ces murs tomberont peut être que tout ira mieux dans ce bas monde…


Les villes de MELSUNGEN et BAUTZEN appartenaient chacune à une  Allemagne différente, maintenant elles se trouvent dans le même pays et dans la même Europe que leur jumelle drouaise.

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