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25/09/2008

14(3)-SOUVENIRS BANCAIRES-C.I.C.

LES INTERIMAIRES  D’ETE. (3ème et dernière partie)
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 l'APPRENTI ENARQUE. .

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Un curieux personnage est venu m’aider et me remplacer pendant les deux mois d’été 1974 au guichet de change que je tenais à la succursale de la rue du Bac  Un étudiant d’été. Je ne me souviens pas les études qu’il avait suivis et des diplômes obtenus. Ce je que sait c’est qu’il préparait pour Septembre le concours d’entrée à l’école nationale d’administration pudiquement appelé l’ E.N.A.
L’école se trouvait encore à l’époque, Rue des St Père, non loin de la succursale de la rue du Bac et non « exilée » dans la lointaine province Alsacienne….
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La Direction était béate d’admiration et mettait les petits plats dans les grands pour ce personnage qui, personnellement ne m’impressionnait guère. C’était un petit bonhomme grassouillet, barbu et bigleux. Des lunettes rondes et épaisses sur un visage entouré de poils hirsutes lui donnaient un air vraiment lunaire.
Mais c’était loin d’être un être rêveur. Il était bavard et un peu condescendant. Mais c’est vrai qu’il pigeait vite.
Il tint au bout de très peu de temps le guichet de change (presque) aussi bien que moi. Il s’entretenait avec la clientèle étrangère avec un Franglais assez correct. Cela m’aidait bien, moi qui à l’époque parlait assez bien l’Allemand et peu la langue internationale. Mais les amis d’outre Rhin ne représentaient qu’une partie infime de notre clientèle

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L’aspirant énarque devint très vite un pro de la conversion et du maniement de la « grenouille ». C’est comme cela que l’on appelait la vieille machine à calculer à manivelle qui nous servait pour transformer les francs en devises et vice versa. Les touristes, notamment américains étaient surpris et amusés de nous voir utiliser un instrument aussi archaïque.
Nous achetions des divises aux touristes étrangers, notamment ceux logés dans les hôtels voisins et clients de l’agence, et aux français revenant de lointains pays, clients ou non.
Nous vendions en sens inverse les devises aux clients de passage ou de la succursale se rendant à l’étranger.
La logique administrative exigeait que nous envoyions à la « caisse devises » du siège les devises étrangères reçues. Et que nous commandions à la même caisse les devises désirées par nos clients.
 

Ce trajet, ne nous semblait pas logique. Nous tordions le cou au règlement quelquefois, en revendant directement les devises que nous venions d’acheter. Nous court-circuitions alors le Siège. Les bénéfices de changes tombaient alors entièrement dans l’escarcelle de la succursale et  non partagés avec le  service de la caisse centrale. C’était un crime de lèse majesté. La caisse centrale ne pouvait s'en aperçevoir. Seule la compta générale aurait pu s'en douter.


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Notre direction qui fermait les yeux, nous demandait cependant d'arrêter ce système; par peur de voir débouler les Navarros de l'Inspection Générale.  Il faut dire que la compétition entre Services est rude. C’est à celui qui présente en fin d’année le meilleur compte d’exploitation. Et les meilleurs sont  récompensés.


Ce petit stratagème n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Notre super étudiant l’a adapté à son profit. C’est malin, un futur énarque Il achetait et revendait directement et discrètement les devises sans passer par la caisse de l’agence. Il empochait ainsi la différence de change. Donc des opérations hors comptabilité. Nous nous en sommes aperçu à son départ. Mais dans ce cas, il s’agissait réellement d’une fraude. La banque était lésée. Cela aurait du se terminer par une plainte auprès des autorités.
Mais la Direction a passé l’éponge, vu la faiblesse des sommes détournées. Mais surtout par crainte que l’enquête de l’inspection fasse découvrir nos petits détournements comptables.
 

 A partir de cet incident, nous avons appliqué scrupuleusement le règlement.
La Caisse centrale a pu de nouveau, par le circuit administratif, continuer à profiter indûment des bénéfices réalisés par notre guichet de change, un des plus gros du C.I.C.
à Paris à cette époque.

Notre étudiant tricheur est donc parti tranquillement préparer son concours d’entrée à l’E.N.A.

Je ne sais ce qu’il est devenu :

 -Ministre? Préfet ? Chef d’entreprise? Clochard?

-Ou bien est-il en prison ?

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A JEUDI PROCHAIN  pour la suite des souvenirs d'en banque... 

Commentaires

"Bien mal acquis ne profite jamais" dit-on, mais avec le temps, j'en doute...

Écrit par : gazelle | 29/09/2008

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