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24/04/2008

5-SOUVENIRS BANCAIRES-

UNE ERREUR DE CINQ CENT FRANCS.

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Un soir comme un autre en 1971, à la succursale de Montmartre  du C.I.C.

Il est cinq heures, la succursale vient de fermer à la clientèle. Le travail n’est pas fini, Au contraire, malgré l’absence des clients, l’ambiance est très studieuse.. Les conseillers peaufinent  leurs dossiers, s’entretiennent avec les services centraux de la banque pour des problèmes administratifs. Le Directeur reçoit des clients importants. Les comptables s’activent pour arrêter la journée comptable.
Avec Riton j’arrête et je vérifie ma caisse….

Il faut faire vite car la voiture du siège va bientôt passer pour récupérer le surplus  de l’encaisse et les documents à traiter par les services centraux…

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Moi, j’ai un gros problème, je n’arrive pas à ajuster ma caisse  J’ai beau  compter et recompter, comparer les bordereaux de remises d’espèces, les chèques payés avec la bande journalière de la « Kingsley » cette machine enregistreuse qui comptabilise toutes les opérations de la journée(Selon les jours, de 150 à plus de 400 clients par caisse), Je ne retrouve pas mes 500 francs manquants.   .

Je commence à m’angoisser.

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Bientôt six heures. Une voix forte clame :

-«  La voiture arrive ! ».
Cela signifie que la succursale de la rue Ordener vient de téléphoner pour signaler le passage imminent  de la voiture qui maintenant se dirige vers nous.

En catastrophe, je boucle les documents à envoyer au siège en signalant une erreur de 500Francs.

Le coursier surveille par la fenêtre la venue du camion.

-« La voiture est là! »

Il faut faire vite, sécurité oblige.. Le second de succursale ouvre la lourde porte grillagée.

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Une scène qui semblera surréaliste dans les années à venir :

Deux gros bonhommes en blouse bleue descendent de l’arrière du camion qui vient de se garer sur le trottoir tout prés de la succursale Ils traînent à l’intérieur de la succursale une grande caisse métallique attachée au camion par une lourde chaîne en fer longue de prés de dix mêtres. Le coursier surveille la chaîne  posée sur le sol, afin de prévenir les piétons qui se risqueraient à vouloir passer sur le trottoir... Le second (sous-directeur) de succursale a ouvert la caisse. Il, récupère les documents envoyés par les services du siège. Il enfourne les sacs remplis des documents utilisés dans la journée (Dont les miens, avec mon erreur de caisse de 500F). puis il ferme la caisse avec un cadenas. Les deux gros messieurs prennent la caisse et rentrent dans le camion en ramenant vers eux  la lourde chaîne qui glisse sur le pavé en faisant un bruit d’enfer. Le camion démarre. Le second ferme les grilles et téléphone à la prochaine succursale pour lui annoncer l’arrivée de la voiture.

Ce camion anonyme lesté de sa caisse enchaînée ne circulera plus que quelques mois encore dans les rues de Paris. Il sera vite remplacé par les « Cow-boys » armés de la société Brink’s.

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Bon, il me manque toujours 500 francs dans ma caisse.

Les collègues commencent à rentrer chez eux.

Le Directeur, Monsieur Villette. Vient à de nombreuses reprises  me voir.

-« Alors cette différence ? Vous les trouvez ces 500 Francs ? »

. Mais curieusement. Il me demande :

 «Vous n’avez rien de prévu ce soir ? Pas de restaurant, pas de cinéma ? ».

Je n’ais rien prévu pour ce soir. Il est vrai que j’habite non loin de la succursale. Dix minutes à peine à pied.. Je ne peux pas appeler Françoise avec qui je suis marié depuis quelques mois. En effet le téléphone est un luxe rare en 1971.

Riton le caissier m’abandonne. Il a l’œil malicieux.
–« T’en fait pas, tu va la trouver ton erreur ! ».

La succursale se vide peu à peu de son personnel. Je reste seul avec ma misère. Le Directeur travaille dans son bureau.

Bientôt sept heures. Françoise doit s’inquiéter……

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Soudain le Directeur sort de son bureau, un sac à la main.

Il le pose avec fracas sur le guichet.

-«Tenez les voilà vos cinq cents francs !».

Je suis complètement  ébahi, les yeux écarquillés devant ce sac en toile de jute. Et oui ; il s’agit bien d’un sac contenant cinq cent pièces de un francs soit, bien sûr cinq cent francs.. 

-« Maintenant, que nous sommes seuls dans la succursale. Je peux tout vous dire. »

Il passe le portillon à double battant et se retrouve derrière le guichet. Il me montre le petit coffre qui se trouve derrière la place du caissier, dans son dos.

-« Cet après-midi, vous êtes descendu à la salle des coffres pour vous ravitailler en billet.,

Vous avez bien sûr fermé votre caisse ».
(Cette caisse dissimulée par le guichet  et placée devant le caissier se bascule horizontalement pour se fermer. En cas de problème, le caissier peut fermer cette caisse en actionnant  une pédale au pied ou en appuyant  sur  un bouton placé sous son bureau .Le fond de la caisse s’ouvre et tous les billets tombent pêle-mêle par un conduit directement dans un coffre situé en dessous dans la salle des coffres).

-« Mais vous avez oublié de fermer votre petit coffre dans lequel sont stocké les pièces de monnaie. Je n’ai eu qu’à me servir. J’ai pris ce sac comme aurait pu le faire tout auteur de hold-up »

-« Je vous rends le sac. Demain je signerai une pièce pour annuler la déclaration d’erreur de caisse. L’incident sera clos. Que cela vous serve de leçon.. Il y va de votre sécurité.. ».

Il va sans dire que suis rentré à la maison en courant pour rassurer Françoise inquiète.

Le lendemain. Riton m’a sourit en me disant

-« Tu vois, tu les as retrouvé tes 500 francs ! »

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Un peu plus tard je ferai une vraie erreur de caisse. Mais cette fois ci, dans l’autre sens.
Un soir je trouvais 1000 francs en trop dans ma caisse. Probablement 11 liasses de 10X100 passées inaperçues dans un paquet de 10 000 francs. J’ai contacté par téléphone les deux  ou trois personnes m’ayant déposé de telles sommes. Aucune ne m’a déclarée avoir un trou de 1000 f dans sa propre caisse.  Mais j’ai bien l’impression que ces mille francs en trop provenaient de la remise de la recette journalière d’une pharmacie. Comme j’avais en quelque sorte sans le vouloir escroqué un client, l’Inspection Générale est venue faire son enquête. Mais  personne n’ayant  réclamé cette somme, les 1000 f sont repartis à la caisse centrale.

 Ma carrière de caissier continuera, encore deux ans de façon sporadique  avant que je  rejoigne les services centraux.

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PS : Je n’ai pas trouvé trace sur la toile des machines à calculer et enregistreuses « Kinsley » (Attention, j’écris de mémoire phonétique). Si un blogueur  peut me renseigner à ce sujet, je suis preneur.

Commentaires

Ils sont surprenants et cocasses tes situations à la banque. J'ai bien ris !!

Écrit par : patriarch | 24/04/2008

Y a pas à dire, c'est du vécu !

Heureusement, je n'ai jamais eu ce genre de problème du temps où j'étais caissière de supérette... Mais des angoisses, quand on est gestionnaire, on n'en manque pas : le formidable, c'est que depuis que je ne travaille plus, j'ai absolument tout oublié !!

Écrit par : gazelle | 26/04/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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