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26/02/2008

DREUX- MA VILLE -2-

Les "durocasseries de Pierlouim" se tiennent pour l’instant un peu en retrait de l’actualité Drouaise…


Je ne suis pas souvent à Dreux en ce moment.

 

L’actualité de cette bonne ville est, actuellement comme partout en France, essentiellement axée sur les élections municipales.

Je reprendrai ,petit à petit, en Mars mes écrits sur Dreux, son passé et son présent.

J’y resterai à demeure probablement à partir des grandes vacances prochaines…

.
En attendant quelques photos pour remplir la note du mardi, normalement  consacrée à Dreux.…..

 

 

 -DREUX : D'AVANT-HIER, D'HIER ET D'AUJOURD'HUI. :

 

.
.

-1- ANCIEN CHÂTEAU  DE DREUX.

 

Ce qui reste d'un château du 12/13 ème siécle. Henry IV et la révotion sont passés par là.

J'en reparlerai. 

 

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Commentaires

Bonsoir,

Ces quelques photos m'ont donné envie d'aller visualiser ton album photo sur cette ville..Nous ,gens du Midi, sommes parfois "incultes".L'intérêt ( entre autres)de Blog 50 est de nous faire découvrir des régions où les toits ne sont plus de tuiles mais d'ardoise.(bon, c'est un " raccourci", tu l'as compris car je connais les bords de Loire,la Bretagne etc)).Belle ville.


betty

Écrit par : betty | 26/02/2008

Une petite visite agréable du château de Dreux. Cette ville me paraît magnifique. Bonne soirée.

Écrit par : pimprenelle | 26/02/2008

Très belle ville, que tu nous présantes ici
Bonne journée!

Écrit par : Tatiana | 27/02/2008

En voyant tout cela, je regrette de ne pas être allée jusqu'à Dreux, en ayant passé 15 ans à Rouen.
Le temps maussade peut-être.... ne m'y encourageait guère.
Bonne détente.
A bientôt.

Écrit par : josiane | 27/02/2008

Au mois de Juillet nous allons à Pont Audemer et nous passons à Dreux.Tu m'as donné envie de m'arrêter pour visiter un peu cette ville qui me paraît attachante.J'aime beaucoup tes photos surtout les 3 premières..bonne soirée.Bises d'Auvergne.M@+

Écrit par : mireille | 27/02/2008

bonjour mon blog est j-j28100 jaime laville de dreux chaque année je suis a la maison de repos le clos du roy merci de me donner des nouvelles de dreux.
a bientot bien cordialement j-j28100

Écrit par : jean-jacques | 07/03/2008

un petit bonjour a pierlouim comme chaque annee de retour du clos du roy avec en prime l arrivee du tour
d eur et loirun bon mois de juin a dreux
bien cordialement

Écrit par : jean-jacques 59 ans | 26/07/2008

bonjour

Écrit par : bernard | 26/08/2010

bonjour, la photo de la rue Ernest Renan me parle, mais les lieux ont changé, la Ville de Dreux ayant en ayant subrepticement et malproprement fait raser le 17bis. Ceci m'a donné de l'urticaire et l'idée d'en référer, comme suit, à Ernest Renan, quitte à ne pas obtenir de réponse, autant s'adresser à un grand homme. Merci de l'accueillir et si possible de la diffuser.

Lettre à Renan.

Bien Cher Ernest,

Vous n’êtes pas sans savoir que notre petite sous- préfecture située sur la route de votre natale Bretagne a honoré votre mémoire en donnant à l’une de ses rues votre nom, dont s’enorgueillit aussi notre carte de visite, côté impair n°15, depuis trois décennies, aussi me pardonnerez-vous cette familiarité introductive.
Votre souvenir ricoche donc entre les murs de notre vénérable cité, entre ses places Sainte-Barbe et Mésirard, intersectant Saint-Thibault et franchissant par un joli pont le bras dit de l’Ecluse, de la paresseuse petite rivière qui la baigne et répond au non moins joli nom de Blaise, dont nous sommes également riverains ; quelle chance n’est-ce pas ? Que dis-je chance, privilège, dont il est apparu dernièrement profitable, judicieux, urgent de nous priver, ce le plus démocratiquement possible et dans la pompe réglementaire et sacrificatoire de l’intérêt général, que cela nous Blaise…ou non, et vous allez voir pourquoi.
Pensant que nul autre que moi n’eut l’idée de vous en tenir informé, mon propos est de vous relater par le menu les heurs et malheurs, surtout ces derniers, qu’a connu, en vertu du même intérêt et depuis trente ans, votre rue dans notre bonne ville, ainsi que l’on avait coutume de le dire autrefois, vous laissant juge de valider ou non ce qualificatif après lecture de ce qui suit et que j’énumérerai à la manière d’un chemin de Croix, en référence à votre Vie de Jésus.
Cette voie, la vôtre donc Cher Ernest, autrefois fort paisible, nous avait séduits car elle avait résisté longtemps aux assauts de la modernité, dont l’automobile, à laquelle elle avait eu la sagesse de ne concéder qu’un sens unique de faible circulation montante et un stationne- ment unilatéral, destination en tous points conforme à ses caractéristiques. Las, ceci ne dura pas, un plan de circulation initié par la ville, sur conseils de spécialistes payés cher mais qui ne l’habitaient pas, la dénatura en effet et la transforma, en 1981, en une espèce de toboggan démoniaque, y installant deux voies - deux voies de gauche très gauchement pensées - cette fois descendantes et à tombeau ouvert. Notre demeure que nous venions d’acquérir en perdit l’usage de son garage, sans aucune forme d’indemnisation cela va de soi, et le dit garage accidentellement sa porte ; c’est dire la violence et les nuisances du trafic qui transite depuis lors par votre rue, j’ose espérer que cela ne vous incommode pas trop. Pour la première fois, l’intérêt général frappait à notre porte, et pas de main morte, puisqu’elle en explosa !
- Première station -

Survint ensuite, figurez-vous, dévastatrice autant que navrante, une épidémie de ruines, laquelle, curieusement semble ne frapper de manière endémique que le côté impair du corps de rue. Premier immeuble touché, premier impair donc, le n° 19 bordant la Blaise rive gauche, où subsistait un ensemble d’anciennes constructions désaffectées attestant d’un passé industrieux, que la ville avait acquis à titre de réserve foncière ; elle s’y réserva surtout la faculté de la laisser longuement en total abandon, nous offrant là déjà et durablement un voisinage peu gratifiant. Nous ne supposions pas cependant que l’intérêt général somnolait sous les tuiles que nous entendions, de temps à autre choir dans le bras de l’Ecluse.
La gloutonnerie spatiale de l’automobile - heureux grand homme qui n’en avez pas souffert - le réveilla en fanfare et eut raison de ce site que la ville détruisit en partie afin d’y réaliser une aire de stationnement, à titre provisoire avait-on pris soin de nous rassurer, parole d’élu ! Les riverains que nous sommes durent alors se garder à l’est de la rue toujours plus agressive au fil du temps et au nord, de ce parking - Albion a envahi notre vocabulaire- en empruntant vos trottoirs fort étroits, ne le prenez pas mal, je sais que vous n’y êtes pour rien. Gratification délicate, la partie subsistante et très visible alentours des constructions dont l’état de ruine n’avait pas atteint une maturité jugée suffisante fut traitée de manière infâme, provisoire oblige, parpaings bruts appareillés malproprement occultant les baies, lèpre des couvertures détruites balafrant la façade sud très en vue, vulgaire tôle constituant une improbable clôture en fond et tout à l’avenant. Précision utile qui concerne le caractère provisoire de la chose et accessoirement le crédit que l’on peut accorder à la parole de nos édiles, ce provisoire sévit encore et nous affecte depuis près de 20 ans. Nous eûmes donc à souffrir dès lors, des nuisances inhérentes à la fréquentation du lieu, de nuit surtout, en sus de l’aspect détestable des constructions subsistantes ainsi défigurées, de jour. Pour la deuxième fois, l’intérêt général s’imposait ainsi, de sa toute sa hauteur, aux habitants de votre rue. - Deuxième station -

Vint ensuite à la ville la louable intention d’ouvrir ou satisfaire l’appétit de culture de ses administrés, aussi décida-t-elle d’édifier une médiathèque… et, je pense que vous me voyez venir, devinez où la chose fit son nid ? Mais à l’extrémité sud de votre rue, mon Cher, sur la place Mésirard. Homme des belles lettres que vous fûtes, Académicien qui plus est, cette promiscuité ne vous choquera pas, elle est même indiquée disons-le. Mais là où l’on s’accordera sur le fait que la culture ouvre généralement des horizons, le choix d’implantation de l’ouvrage qui lui fut ici dédié ferma le vôtre, d’une muraille gris-brun-verre-zinc (à lire d’un trait) d’assez méchant effet, laquelle condamna brutalement le généreux espace auquel vous nous conduisiez autrefois. Mais ceci pour notre épanouissement culturel lequel est, bien sûr et nous l’avons bien compris - car de la culture grâce à vous notamment nous en avons un brin- d’intérêt général.
Ajouterai-je pour l’anecdote que cet équipement déjà fort coûteux fut précédé de la démolition d’un ancien lycée d’architecture fin de siècle, le vôtre, dont avait été décidée et conduite cependant, peu d’années auparavant, la restauration intégrale, également coûteuse en même temps qu’assez réussie, de ses façades, couvertures et zingueries… On considérera ici que la décision de détruire la majeure partie de ces locaux en dépit de leur excellent état intervint sans doute à titre préventif de leur fatale quoique fort lointaine décrépitude à venir, en regard de laquelle ils n’étaient que ruine en puissance ; gouverner, c’est prévoir, et prévoir commande d’anticiper. Leur destruction fut donc consubstantielle à l’intérêt général sus évoqué. Foin de l’avarice et des avaricieux !
- Troisième station –

Subsidiairement, dans les mêmes temps, survint l’idée bonne au demeurant, de vous affranchir de quelques-uns des hideux supports en béton qui encombraient votre trottoir, toujours impair, pour y véhiculer la fée électricité son éclairage et autres bienfaits, non sans gâter les façades ayant résisté à ces deux premières campagnes de démolition.
Nous fûmes sollicités en cette circonstance et consentîmes de bonne grâce, j’entends par là gracieusement bien sûr, à la compagnie distributrice le droit d’installer dans notre façade, sur notre propriété donc, un coffret de dérivation d’un volume certain et d’un esthétisme douteux d’une part, à la ville d’autre part celui d’y poser un candélabre d’éclairage public sur le choix duquel nous ne fûmes évidemment nullement consultés. Ce choix inspiré porta sur une espèce de lanterne de fiacre XXL (grand modèle) dont le style qui vous serait familier s’oppose radicalement, à la modernité résolue de la médiathèque et d’une aire de stationnement pour cycles virtuels qui le regardent ; l’intérêt général prouva là qu’il n’avait pas toujours un goût exquis. Ce faisant, nous souhaitons malgré tout vous avoir été agréables, ne nous remerciez pas, personne ne le fit ni n’observe plus désormais cette politesse élémentaire devenue ringarde, aussi nous en sommes nous remerciés…nous-mêmes !

- Quatrième station -

La rue reprenait à peine ses marques et s’habituait tout juste à l’étroitesse de son nouvel horizon restreint, que la copie d’une lettre municipale au ton comminatoire apparut, placardée sur un volet du 17 bis, ainsi désigné au passant comme la victime suivante de la frénésie destructrice ambiante. Cette manœuvre d’intimidation ourdie à dessein porta le fruit espéré par son initiateur. Inquiétés par cette missive intempestive, les propriétaires décidèrent de vendre ce bien, en chargèrent une agence de la place honorablement connue, nullement spécialisée en négoce de ruines, lesquelles n’intéressent pas davantage le chaland.
Donc, cette modeste mais fort pittoresque maison, quoique vétuste, mais très intéressante architecturalement de par son adossement au pont, qui lui conférait là une allure de vénérable sentinelle veillant sur le bas bourg, et l’inclusion surtout en son volume d’un charmant lavoir, très en vue depuis le tablier du pont, situation rare dans la ville désormais, cette maison dis-je, n’étant nullement la ruine que d’aucuns prétendent trouva logiquement acquéreur. Ne restait plus au prédateur qu’à s’interposer – drapé dans la toge de l’intérêt général s’entend - et conclure l’acquisition préméditée en usant de son droit de préemption.
- Cinquième station –

Il faut ici vous dire, Mon Cher Ernest, que notre Vème République et oui, le temps et les régimes passent, a donné à nos communes des vitamines et des droits que n’aurait pas reniés la Monarchie voire l’Empire que vous avez aussi connus sur leur déclin ; à se demander parfois si les révolutions sont bien utiles….
Or, seul un très petit pas sépare la détention d’un droit de l’irrésistible envie de s’en servir, il en va ainsi depuis le cuissage et en matière d’aménagement et d’urbanisme, ces droits ouvrent des appétits de prestations bourgeoises en campagne. C’est dans ce contexte que notre Maire, Député de surcroît, fit sienne l’idée baroque, vendue hors de prix par un urbaniste de passage, de créer, en rive droite de la Blaise, une promenade : On est l’Haussmann qu’on peut !
Je dis baroque, car je pense fondamentalement que la Blaise, ses bras, leurs lits, leurs berges constituent avec les jardins qui les bordent dans les anciens faubourgs de la ville, une heureuse, une salutaire intrusion de nature, une lisière paysagère bucolique, lacustre, verte et sensible qu’il importe absolument de préserver en l’état. C’est là un héritage qui nous vient de loin, que nous avons le devoir de transmettre, et sur lequel, depuis des années, veillent avec constance des règles d’urbanisme à la rédaction desquelles j’ai participé. Affubler en ces lieux les rives de ce paisible cours d’eau d’une espèce de trottoir, vecteur de pollutions de tout genre, subsidiairement d’insécurité, pour ne satisfaire qu’à l’air du temps, sur un si court trajet ne conduisant nulle-part ailleurs que dans votre rue, devenue si peu agréable en raison de ce qui précède, relève d’une absence de jugement. Enjambant le bras de l’Ecluse depuis des décennies, je ne doute pas que vous partagerez mon avis.
Nonobstant ce dernier, il faut vous dire aussi que la ville détient la majeure partie de la rive gauche laquelle, en amont, est déjà dotée d’une telle promenade et que sur les parcelles lui appartenant, très aisément ouvrables au prolongement de celle-ci, s’élèvent un lavoir de belle facture pour lors en déshérence, qui constituerait incontestablement un évènement de parcours, une ponctuation ludique, tout à fait opportuns pour le projet qu’elle entend réaliser. Ne vous semble-t-il pas choquant que l’on convoite le bien d’autrui pour y installer en conscience une contrainte et des nuisances de tous ordres, à l’unique prétexte que l’on ne se résigne pas à les subir ?
Il faut vous dire encore que, parallèlement et à l’est de votre rue s’étend une voie publique, mais oubliée, adjacente à la place Mésirard, dite « Ruelle aux Cochers », qui franchit le lit de la Blaise par un gué et se prolonge au nord jusqu’à la rue Saint-Thibault via un porche.
Ce passage appartient à l’histoire de Dreux, il est authentique, c’est du patrimoine délibérément inexploité depuis des lustres, si ça n’est par les déjections canines dans sa moitié nord. N’y aurait-t-il pas là une réelle opportunité de découverte alternative de la rivière,
du quartier, un trajet autre ayant du sens et s’ouvrant à un possible prolongement vers l’ancienne gendarmerie, la Rue Philidor, le chemin de ronde…? Comment comprendre que la ville puisse prétendre à la conquête soviétique (je vous expliquerai) de nouveaux espaces, alors même qu’elle se révèle incapable de tirer intelligemment parti de ce qu’elle détient ?

J’interromps cette digression pour revenir à mon propos et vous narrer notre récente et calamiteuse actualité. Après avoir acquis le 17bis dans les conditions relatées ci-avant, la ville s’employa à mettre en place sa démolition en s’auto-attribuant l’autorisation nécessaire. Là survint un obstacle car celle-ci était réglementairement soumise à l’aval de l’Architecte des Bâtiments de France, les droits municipaux évoqués ci-dessus étant tout de même, et c’est heureux, encadrés de garde-fous. Mais la folie était furieuse, on le verra tout à l’heure… Cet homme de l’art, ne se trompant pas sur l’intérêt de la bâtisse, le contraire eut été surprenant, se déclara défavorable à sa destruction.
Le présageant fin Mai 2009, notre Maire, Gérard Hamel, je ne vous l’avais pas encore présenté pardon, déclarait crânement à la presse, en réponse à l’intervention spontanée également défensive de Jacques Beluard, lui aussi Architecte et riverain demeurant au n°12, évidemment d’accord avec son confrère, je cite ici le Maire, propos extrait d’un article publié le 25/05/09 : « Cette maison a été à vendre pendant 20 ans ». Faux, la vente ne fut mise en œuvre qu’à son instigation ! « Nous avons fini par la racheter… » Ce propos biaisé laisse supposer une laborieuse négociation, alors que l’on a vu comment il s’y était pris. « Nous voulons aménager une promenade le long de la Blaise… » Le vrai motif est enfin lâché ! « …mais il n’est pas question de détruire le lavoir… » Poursuivait-il, propos vide de sens, sauf le respect dû à sa fonction, d’autant plus surprenant qu’il fut entrepreneur, un gars du bâtiment ! Il sera clair également à vos yeux, en effet, que détruisant le dessus sous lequel ce lavoir s’étendait intégralement, on allait du même coup effacer le dessous. Il ajoutait même, sur le ton bravache et même pas peur qui est le sien : « L’architecte des Bâtiments de France va donner son avis,…A priori, il est contre. On verra ce qu’il dira. Mais- comprenez on s’en moque- notre (mon.. ?) intention, c’est surtout de créer ce chemin. Voici réaffirmé le pourquoi de la ruine prétendue, diagnostic de circonstance, excluant toute autre considération.
N’est-il pas choquant de voir un député en charge de l’élaboration et du vote des lois se soucier comme d’une guigne de leur respect sur le territoire dont il est Maire, au risque qu’il s’était déclaré prêt à assumer, d’être poursuivi pour cela devant la juridiction administrative ?
Le citoyen que je suis, l’administré, le sien, ayant eu pour lui-même voici peu et il le sait, à se plier aux exigences de cette autorité le comprends d’autant moins.
« Le projet passe aussi par l’acquisition des fonds de propriétés. » concluait-il, incidence anodine, accessoire, péripéties foncières subalternes, broutilles, les propriétaires spoliés n’étant que quantités négligeables à ses yeux, que l’on réduirait à merci et à sa convenance le moment venu. Bref, tel le Roi Soleil instruisant Le Nôtre à Versailles notre Maire, d’un autre palais, délivrait ainsi sa sentence à La République du Centre le 25 Mai 2009.
Faut-il vous dire en sus, utile détail, qu’il siège à droite dans l’hémicycle de notre Nationale Assemblée, sa désinvolture à l’égard de la propriété privée n’en étant que plus déconcertante.
- Sixième et avant-dernière station -


Dernier acte, dans la quiétude estivale propice aux mauvais coups, en catimini, l’intérêt général sachant se faire discret, précédée d’une obséquieuse petite circulaire adressée aux riverains et signée de l’Adjointe en charge du centre ville, donc de cette malheureuse affaire, la pauvre, dans le style « … excusez-nous à l’avance pour les éventuelles gênes que cette opération etc… », intervint la démolition au cours de la seconde quinzaine semaine de juillet. La messe était dite !

- Septième et dernière station -


Epilogue

A la dent creuse désertée de l’inopportun parking désaffecté, sur lequel on nous annonçait pour mars les premiers coups de pioches d’une future résidence HLM, les quels se font toujours attendre, s’ajoute donc piteusement désormais, une carie supplémentaire qui vous défigure un peu plus.
Vous dirais-je aussi que l’intéressante maison détruite se trouvait environnée d’une végétation qui ne l’était pas moins. Avait poussé là notamment un orme sycomore, essence à croissance rapide d’au moins vingt cinq ans d’âge, au port devenu altier, encore en devenir, qui s’inscrivait pleinement dans la lisière paysagère décrite plus haut, et dont le bon sens élémentaire imposait la préservation. Tout a disparu !
Inévitable dégât collatéral, me direz-vous, que nenni Mon Cher, à ma question posée au conducteur d’engin, ce dernier se déclara surpris et navré de devoir éliminer un tel arbre en centre-ville, mais qu’ordre lui avait été donné de faire table rase ! Quand on sait la valeur d’un arbre en milieu urbain, tant au niveau esthétique qu’environnemental, on s’interroge : Quel maillon faible de la chaîne décisionnelle a pu émettre un ordre aussi absurde ? Alors que les propriétaires que nous sommes n’ont eu de cesse de planter, de fleurir, de verdir, d’enrichir le paysage pour le plus grand profit du regard de tous et, ainsi que nous le savons, de la qualité de l’air, car, Mon cher Ernest, le progrès est parvenu à nous le gâter dans sa marche folle, sans doute ne soupçonniez-vous pas que si vite nous en viendrions là, en rédigeant L’Avenir de la science.

J’ai réagi à ces véritables voies de fait en des termes que la presse locale a bien voulu relayer ce dont je la remercie, mais auxquels l’élu n’a répondu qu’en réitérant les arguments dont il est parvenu désormais à s’auto-persuader, à savoir l’état de ruine ; ce qui précède démontre qu’il n’en était rien.
Les ruines, en tout état de cause, ne méritent pas toutes une telle élimination radicale, irréfléchie, aveugle ; elles ont inspiré le romantisme dont vous fûtes contemporain, elles continuent de nous instruire, tant il importe pour savoir qui l’on est, de savoir aussi d’où l’on vient. Le Ministère des Affaires Culturelles consacre pour cela un budget significatif à leur seule maintenance, la jugeant à bon droit d’intérêt général, le noble, l’authentique !.
Pour en finir avec cela, j’invite notre Maire à consulter le dictionnaire de votre ami Pierre Larousse qui définit ainsi le mot ruine : Ecroulement, destruction ; ni l’écroulement, ni aucun des désordres qui le précèdent n’étant survenu ni apparu sur l’immeuble en cause, le Maire, seul auteur de sa destruction l’est bien aussi de sa ruine. Il ne s’agit pas là d’un jeu de mots, mais d’un fait : A-t-il dû prendre concernant cet immeuble bordant la voie publique un arrêté de péril ? Non. Définir autour un périmètre de sécurité ? Non. CQFD.
Il ajoute toutefois désormais pour faire bon poids, se justifier : « …en plus elle était squattée. » Ceci est aussi faux que le reste, le défunt propriétaire, prévoyant, ayant pris soin d’éviter ce risque en condamnant solidement les baies au moyen de barres métalliques ancrées dans leurs tableaux. Pour l’anecdote, on dut faire appel à un serrurier afin de pénétrer les lieux, et il se trouve, hasard cocasse, que cet artisan digne de foi œuvrant chez nous à l’époque, m’avait fait part de sa surprise d’avoir constaté que cette habitation n’était pas délabrée comme sa longue inoccupation aurait pu le laisser penser. Je rappelle enfin qu’en qualité de voisins immédiats, nos amis Beluard et nous-mêmes n’aurions pas manqué de remarquer le fait… avant le Maire et d’en avertir la propriétaire.
Mais lorsqu’on veut noyer son chien, ne le dit-on pas porteur de la rage ? .
Interrogé sur la disparition de l’arbre, le Maire déclare benoîtement ne pas être au courant. Il y a bien peu de courant dans la Blaise certes, en cette été sec, et ce discret végétal n’atteignait qu’environ dix petits mètres de hauteur, son tronc qu’une maigre vingtaine de centimètres de diamètre et il se cachait l’arsouille à moins de cinq mètres en retrait de l’alignement, pas de quoi donc attirer le regard d’un élu qui porte tout de même au dessus de cela ! En conclusion, il a vu de furtifs et imaginaires occupants clandestins, mais pas ce grand et beau sujet copieusement feuillu. Le surmenage, sans doute, explique visions et trous noirs, pour le reste on notera que certains faits très dommageables peuvent être perpétrés sur son territoire à l’initiative de la ville de Dreux, mais à l’insu du plein gré de son Maire.
Edifiant pour la suite qu’il anticipe en ces termes : « Lorsque cette promenade verra le jour, on fera des aménagements permettant de gêner le moins possible les riverains. »
Après avoir vu le « on » à l’œuvre au 17bis, nous sommes légitimement en droit d’en douter et lui répondrons en ces termes : « Non merci, c’est gentil d’avoir pensé à nous, mais chacun chez soi, si vous le voulez bien. »
On note bien là cependant la conscience d’une gêne, qui révèle aussi la volonté pour le moins maligne et délibérée d’infliger cette gêne à autrui, autant que faire se peut, en excluant toute option alternative.
Faut-il à ce stade de l’histoire vous dire un mot de la préservation du lavoir « qu’il n’était pas question de détruire… » dixit notre Maire le 25/05/2009 ; je vous invite à considérer ce qu’il en reste et, si vous avez accès dans votre céleste retraite à notre moderne technologie, à zoomer sur son unique et pathétique vestige : Une pile de briques tronquée au flanc de laquelle git une vieille crémaillère. Toutes deux, liées de longue date d’un complémentaire et laborieux destin doivent se demander ce qu’elles font encore là et pourquoi elles ont seules échappé au désastre. Je suggère pour elles une cloche de verre, façon bouquet fané des mariées d’autrefois, lavandières accortes qui étrillaient là leur linge en chantant.

Ultime, magistral et municipal argument, suprême, péremptoire, définitif, sauveteur de tout parti douteux, vous aurez deviné : l’intérêt général ! La destruction de cette maison relevait, prétend notre Maire, de l’intérêt général ! A galvauder ainsi l’expression, elle perd tout son crédit ; mais qui en décide, selon quels critères à quelle aune mesurer cet intérêt-là ? Une, deux trois quatre étoiles le général ? Quel général pour cette promenade en bord de Blaise ? Division, brigade, opérette ?

Il faut vous dire, Ernest, que par les tristes temps qui courent, le monde, le nôtre, devenu ridiculement petit, trop petit, connait une crise économique, historique, sans précédent, et que la France, dans cette crise-là fait triste figure, croulant sous une dette abyssale, des déficits insondables, au point que son Premier Ministre en a évoqué en termes feutrés la faillite virtuelle voici peu, que des économies drastiques sont désormais prônées à tout les niveaux de l’Etat, parait-il… Et Dreux, dans cette France-là, j’ai honte à vous l’avouer, Dreux, ville royale, Dreux ville moyenne, où le chômage frappe à tout va près de 16% de la population active, Dreux se retrouve reléguée, en fait très au dessous de cette moyenne, au dixième rang des villes de plus de 20.000 habitants les plus pauvres de France !
La République du Centre nous délivra cette sinistre statistique pour agrémenter nos samedi 31/07 et dimanche 1/08, alors que l’intérêt général venait de terrasser, c’est bien le mot, le 17bis de votre rue et son écrin de verdure pour le même prix, oui vous me lisez bien, L’INTERET GENERAL, en gras et capitales s’il vous plait.
Hommage soit rendu à sa vaillance !
Fermez le ban.


Vous aurez compris, Cher Grand Homme que les citoyens habitants votre rue drouaise en ont soupé de l’intérêt général accommodé à cette sauce là !


Voici, Bien Cher Maître, je vous dois bien cela après le début facétieux, la fin de cette petite chronique d’une petite rue d’une petite ville de France où je n’imagine pas combien d’autres rues, avenues, boulevards, places, ou encore squares vous sont dédiés, voulant croire que leurs habitants ne partagent pas le sentiment, qui est mien en ce moment, de se trouver au mauvais endroit à un mauvais moment.
Transmettez à tous mon bien cordial et solidaire bonjour au titre du partage de votre illustre patronyme et soyez assuré de l’honneur qui est nôtre de pouvoir y associer nos propres noms.



Votre très obligé et respectueux concitoyen du XXIème, Bernard Poquet.

Écrit par : bernard poquet | 26/08/2010

Je vous vante pour votre critique. c'est un vrai œuvre d'écriture. Développez

Écrit par : serrurier paris 19 | 21/07/2014

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