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18/12/2007

AN PAR AN - 1 9 6 7. Deuxième partie

J'ai fait le  pari de raconter une vie, année par année.
Une année à paraître chaque semaine sur le blog (en principe chaque lundi soir.)
Bref, un roman feuilleton de longue haleine, comme une vie.

La premiére partie, parue sur le blog de Mars à Juin dernier, retraçait
une enfance Drouaise de Juillet 1946 à Août 1959.
Pour la lire, cliquer sur la catégorie : AN PAR AN -1946-1959.

La deuxième partie en cours,
relate une adolescence et une jeunesse de septembre 1959 à 1970.
.
.

1967-Second  semestre- Vacances Allemandes-Début service militaire.

Pour ceux qui préférent ouvrir un fichier :

AN_PAR_AN-1967-_2ème_partie..doc

Pour ceux qui veulent lire directement en note :


A N   P A R   A N  -

 Année 1 9 6 7 (deuxième partie)

22 Juillet. Cela y est, je suis majeur, j’ai 21 ans.

Mes dernières vacances d’écolier.

Un de mes camarades qui, comme moi a raté l’examen du BTS et qui comme moi partira « sous les drapeaux » en septembre, lui à l’armée de l’air, moi en Allemagne, me fait une proposition intéressante.

Il habite à Rambouillet, ville jumelée avec une commune allemande. Pendant le mois d’Août un groupe d’une vingtaine de jeunes Rambolitains doit se rendre pour 3 semaines dans la ville Jumelle Kirchheim unter Teck prés de Stuttgart. Parmi ces adolescents de 14 à 17 ans, une demi douzaine est reçu dans les familles de leurs correspondants, les autres sont logés dans l’auberge de Jeunesse. Michel s’est proposé pour accompagner ces jeunes Français en terre étrangère. Mais le comité de jumelage souhaite la présence de deux accompagnateurs majeurs auprès de ces adolescents et pour faire le lien avec les allemands. Comme je viens juste d’obtenir mon statut convoité de « majeur » et que je baragouine quelque peu l’Allemand, eh bien je suis l’homme qui tombe à pic.

Je passe alors trois semaines agréables de vacances presque gratuites dans un coin d’Allemagne somme toutes agréable dans le pays Souabe. Il fait chaud : piscine, promenades. Je loge à l’Auberge de jeunesse avec Michel  et nos 20 Français et françaises mineures qui finalement ne nous donnent pas trop de fil à retordre.

Les responsables allemands du jumelage  nous choient tout particulièrement. Soirées avec les jeunes de Kirchheim, excursion au château des Hohenzollern, visite et baignade au lac de constance, visite de Stuttgart et soirée à l’opéra de la capitale Souabe pour applaudir la Traviata….

Trois petites anecdotes cependant :

-Dans le car qui nous conduit au lac de Constance, le voyage est long, il fait chaud, l’ennui s’installe. Le groupe des jeunes français est au complet, ceux logés dans les familles ont rejoints ceux hébergés à l’auberge de jeunesse. Une vingtaine de jeunes allemands du même âge participent aussi à cette excursion. Les relations franco –allemandes sont sympathiques mais la frontière de la langue ne permet pas un mélange complet des deux groupes.

Les français bavardent chahutent, et les allemand se mettent à chanter. Doucement, puis les voix s’ajoutent les unes aux autres, la mélodie devient  de plus en plus harmonieuse. Un très beau chant à plusieurs voix s’élève  et fait oublier le bruit du moteur du car. Les Français sont subjugués et applaudissent leurs camarades d’outre Rhin…

L’accompagnateur allemand, le professeur de Français s’adresse à nous :

« - A vous les Rambolitains, chantez-nous un beau chant Français ! »

Un froid dans la délégation gauloise. Nous nous  regardons angoissés avec Michel. Nous pressentons un désastre annoncé.
Après un bref début de concertation, quelques voix incertaines et désaccordées égrènent :

–« A la Bastille, on aime bien… ».
-Beurk

Au bout d’à peine trente secondes, hilarité générale et bruyante chez les Allemands.
En Faisant semblant d’applaudir, le professeur en souriant nous demande :
- « C’est tout ?».

Ce salaud savait bien ce qu’il faisait en demandant aux Français de chanter.

 Si nous avions pu rentrer sous terre nous l’aurions fait.

 Une des plus grandes humiliations de ma vie……

Il faut dire que la musique, le chant sont des matières obligatoires dans un cursus d’écolier Allemand lambda. Alors qu’en France, les arts et la  culture sont parents pauvres de l’éducation dite nationale….

Une bonne baignade dans le lac de Constance et cet incident lamentable fut tout à fait oublié.

-Pour un Français il est intéressant de se fournir outre Rhin en matériel  de  radio ou de photographie. C’est de meilleure qualité et moins cher. J’ai ainsi acheté un appareil tout nouveau : un magnétophone à cassette; c’est pratique, plus de bande que se déroule et s’enroule. Il suffit de mettre la cassette et hop ça marche. Je le montre aux autres Français à l’Auberge de jeunesse Ils sont émerveillés et chacun veut enregistrer sa voix et surtout l’entendre. Curiosité, rires, chahut…

Un matin, j’ai laissé l’appareil à Dominique, la plus âgée des filles de notre groupe : 16ans. Elle a conversé longtemps, le micro à la main, avec le magnétophone   en  remplissant  trois cassettes. La confession d’une adolescente de 16 ans. A la fin du séjour elle me laissera les cassettes que  j’écouterai à plusieurs reprises par la suite. Mais je ne reverrai plus jamais Dominique.
Je conserverai quelque temps ces cassettes. Mais le format « Grundig » sera bientôt abandonné au profit du système Sony qui deviendra le standard universel.  Je ne pourrai donc plus approvisionner le magnétophone de nouvelles cassettes et réécouter la « confession » de Dominique quand l’appareil sera hors service. Un jour, lors d’un déménagement, une poubelle mettra définitivement un couvercle sur ce passé récent. Que pouvait donc avouer en tête à tête une fille de 16 ans à un magnétophone attentif en 1967 ?
C’est dommage, je ne garderai pas un grand souvenir du contenu de ces cassettes. Ces confidences peut être un peu puériles auraient  pu être intéressantes à écouter, cinquante plus tard…    

-Un matin, presque à la fin du séjour, deux agents de la « Polizei » débarquent à l’Auberge de jeunesse pour nous rencontrer Michel et moi, les deux « responsables » du groupe de Français. Stupeur de notre part, mais les policiers se montrent tout de suite rassurants. Un jeune allemand de 14 ans qui avait séjourné avec son groupe d’écolier à l’Auberge de jeunesse il y a quinze jours  et retourné en Bavière chez ses parents a fugué. La Polizei l’a retrouvé en peu de temps à Kirchheim. Il avait fait le trajet en train. Pourquoi était-il revenu à Kirchheim ? En fait il avait connu une Française de notre groupe, Martine, une grande de quinze ans  et voulait la revoir. Entre temps Martine avait quitté l’Auberge de jeunesse pour rejoindre la famille de sa correspondante allemande. Les policiers voulaient juste nous avertir de l’incident et quand même nous poser quelques questions sur les rapports qu’auraient pu avoir Martine et son soupirant allemand. En fait nous n’avons pu que confirmer ce que l’instituteur accompagnant le groupe de jeunes  allemands avait déclaré à la police que l’entente avait été cordiale, sans plus…
Le jeune bavarois s’était fait des idées.
La réputation sulfureuse des jeunes françaises chez les jeunes romantiques d’outre Rhin occasionne de sérieux ravages….

Au retour des vacances allemandes, pour moi  changement de programme …

Le 4 septembre c’est  le départ à l’armée.
Début de 16 mois de parenthèse, entre ma vie étudiante et ma future vie professionnelle.

Je dois me rendre à Rueil-Malmaison à la caserne Guynemer. Pour cela je prends le train à la gare St Lazare. J’y remarque un jeune gars roux avec une petite valise, je devine tout de suite que c’est aussi un incorporé comme moi. Je ne lui parlerais qu’arrivé à la caserne. Je ne le sais pas encore, mais ce sera mon « copain du régiment, Léoda » pour toute la durée du service militaire.

Comme je n’ai pas pu effectuer mes « trois jours » à cause de ma période de sursis, l’après midi se passe donc à faire un certain nombre de formalités : formulaires à remplir, visite médicale, etc.

Après une nuit éprouvante dans le train, arrivée au tout petit matin en Allemagne à Trèves, au 68°R.A.L.D. Un régiment d’artillerie lourde divisionnaire. Première journée de contact plutôt rude : distribution du paquetage, coupe ultra courte des cheveux  à la tondeuses. Sermon criard du Capitaine de la batterie de l’instruction.

Et la période des classes commence. Deux mois sans sortir de la caserne. Pas de permissions pour la France avant Noël…Une période un peu  difficile physiquement, je me froisse quelques côtes pendant le parcours du combattant, un bandage autour de la poitrine pendant quelque temps…Au niveau de la discipline, pour moi cela n’est pas très nouveau, huit ans de pension cela habitue aux règles de la vie en cercle fermé. Des camarades pourtant plus rudes et mal léchés qu’à la « boite à jules » mais je  m’y fait. Un vrai brassage « social ». Cette fameuse « mixité sociale » qui manquera tant dans quarante années.

Première période de manœuvre au camp de Mailly.
Début novembre. Brrr. Des gardes de nuit les pieds dans la boue neigeuse et dans des froids à moins dix degrés. Le régiment est là avec ses canons autoportés de 155.
 Dans l’équipe de six « servants » d’un char commandée par un maréchal de logis (nom élégant de l’artillerie pour nommer un sergent), on m’a  bombardé  « artificier ». Mon travail consiste à préparer des charges de poudre selon un dosage savant concocté par l’adjudant de notre batterie (six canons) selon la distance à atteindre. J’enfourne des sacs de jutes contenant de la poudre blanche ou noire dans un tube en carton. Ce tube est enfourné à l’arrière du canon derrière l’obus de 105 pesant plus de trente Kilos.
Au moment du coup de canon; le maréchal des logis tire d’un coup sec sur une corde comme un démarreur de tondeuse à gazon. . Percutée, la poudre que j’ai préparée, explose. Le char recule de plus d’un mètre, en s’enfonçant dans la terre et l’obus dans un bruit assourdissant est projeté à plusieurs kilomètres sur  une cible au milieu du camp militaire.
Il y a quelque mois un canon a explosé faisant 3 morts dans les servants C’est pourquoi nous creusons des tranchées autour dur char pour nos protéger en cas d’accident.

Toujours traumatisé par le pétard qui m’a explosé l’arcade sourcilière lors du 14 Juillet de mes trois ans,  je suis terrorisé par le bruit infernal du canon et je me bouche les oreilles en plaquant mes deux mains sous le casque. . Le Maréchal des logis s’étant aperçu de cette trouille à demandé  à deux de mes camarades de me ceinturer en immobilisant  mes mains pour m’obliger à subir le bruit de la terrible déflagration. Ce choc va me permettre, bien malgré moi, de supporter le bruit du canon sans trop de traumatisme.

Fernand Raynaud dans un de ses célèbres sketchs à la  question
 - « En combien de temps refroidit le fût du canon »
fait rire en donnant la réponse :
-« Un certain temps mon adjudant ! »
 

Cette réponse qui paraît idiote ne l’est pas du tout.
Ce temps de refroidissement est très variable, pouvant aller de quelques  secondes à quelques minutes. Il dépend de paramètres différents :
-De la charge en poudres qui est très variable selon la distance du tir. (Du tube en carton des sacs de jute et de la poudre il ne reste plus rien que de la fumée en ouvrant la culasse.)
-De la température ambiante. S’il fait 30° ou -10°, ce n’est pas pareil.
-De la force du vent.
-De l’inclinaison du fut selon que l’on l’altitude de la cible.

Bon, tout cela c’est de la technique militaire rebutante pour mon lecteur …

L’année 1967 se termine ainsi par la fin des classes et ma première permission. Je retourne pour 72 heures à Dreux chez mes Parents heureux de me revoir après quatre mois d’absence.

Commentaires

J'arrive de chez l'Oublié de Google et je découvre avec plaisir les photos et surtout 1967, l'année de mes 23 ans.Trés intéressant .je vais reprendre la lecture pour les années précédentes pour revivre les sixties.amitiés et à +

Écrit par : Allier-née | 19/12/2007

je suis de la 68 R A L D 1967 1/B SECTION BSS JE RECHERCHE LES COPAINS DE CETTE CLASSE UN CERTAIN TINTIN LES STEPHANOIS MERCI DE M ENVOYER UN MAIL OU 0629418024

Écrit par : le meur | 29/11/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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