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14/05/2007

AN PAR AN - Septième année : 1953.

J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. une année par semaine (en principe chaque lundi soir.)
Une aventure de plus d'un an : 60 années : 60 semaines, plus des semaines de vacances et d'autres indisponibilités fortuites...Bref, un roman feuilleton de longue haleine, comme une vie.

La semaine dernière nous en étions à la septième année, voyons la suite, la vie avance...
huitième année : 1 9 5 3.
Mes notes deviennent de plus en plus longues (prés de 10 pages pour 53) mais mes souvenirs sont de plus précis et les années cinquante paraissent si loin et si différentes des années 2000 qu'elles demandent beaucoup de développements et explications.
Bon courage et bonne lecture...


1 9 5 3.
Bientôt 7 ans - Je m’approche de l’âge de raison…

Maintenant je sais presque lire et écrire. J’ai tracé à la craie rose sur le plâtre nu du mur palier de la cave deux mots « Zizi, Panpan ». Ne vous méprenez pas, l’ami Pierrot Perret n’y est pour rien….Zizi et Panpan sont les surnoms des deux petits garnements héros de mon premier livre de lecture….Papa se garde bien d’effacer ces mots qu’il considère comme mes premiers gribouillis. Ils resterons longtemps visibles sur le mur, peut être vingt ans avant que le temps les efface peu à peu…

Papa a la charge dans son travail de former plusieurs apprentis menuisiers. Des garçons entre 14 et 16 ans, qui, pour les cours théoriques fréquentent le centre d’apprentissage, et apprennent le métier « sur le tas » avec papa et ses collègues.

Il arrive quelque fois que ces « arpêtes » viennent à la maison…Un me fait particulièrement rire. Son prénom je ne m’en souviens pas. Il chante, en essayant de l’imiter, des chansons de Bourvil. Sa version de la tactique du gendarme, avec gestes et bruits de sifflets me fait hurler de joie et battre des mains. Mais mon père sourit à peine, un peu gêné. Il n’aime pas beaucoup ce jeune garçon, déjà alcoolique profond à 15 ans. Papa dit que cela lui pose problème. Souvent ivre cet apprenti travaille mal, est souvent absent, Papa doit faire son travail à sa place.
Ce que Papa redoute le plus c’est l’accident, car les scies ruban, les dégauchisseuses et les toupies peuvent en une fraction de secondes trancher à vif plusieurs doigts voire la main entière…Les protections n’existent guère et un jeune inexpérimenté aux gestes désordonnés par l’alcool peut facilement se blesser très sérieusement, et papa s’en sentirait responsable. Papa a été le témoin de plusieurs de ces accidents, heureusement pas parmi ses apprentis. Mais il en est resté très choqué.
Papa très souvent montre ses deux mains en écartant ses dix doigts et disant fièrement. « Je les ai gardé tous les dix. ». En effets presque tous ses camarades ont des phalanges voire des doigts mutilés….Papa ne porte plus d’alliance. La sienne s’est cassée pendant qu’il était prisonnier à décharger des briques de péniches accostées le long de l’Elbe…Il n’en remet pas car une alliance peut s’accrocher et produire l’accident…

L’alcoolisme est un fléau dans le milieu dans lequel travaille Papa. Combien de fois je le vois refuser fermement de suivre ses copains (sa « coterie », comme il dit) au café. Il se fait mal voir, car la femme du contremaître tient un petit bistrot.

Ce contremaître est un personnage d’un autre temps. Un grand échalas à l’aspect d’insecte aux grandes pattes, tout gris des cheveux à la vareuse à larges pans. Il porte un chapeau cabossé en feutre à la couleur indéterminée. Il coince dans ses lèvres coupées au couteau un long porte cigarette Ce qui m’étonne le plus dans son accoutrement, ce sont ses guêtres cloutées en cuir jaunâtre. Elle sont hautes et enserrent son mollet osseux. Il y a des crochets et des lacets partout. Il doit mettre un temps fou pour enfiler ces godasses héritées probablement d’un passé militaire. Ce qui est plus rigolot c’est quand il enfourche son vélo et part en zigzaguant, les jambes trop longues en arc de cercle un peu à la manière de jacques Tati dans jour de Fête. .
Eh oui, même les chefs n’ont pas toujours de voitures dans cette année 53.
Et c’est le vélo à la main qu’il entraîne ses ouvriers dans l’abreuvoir à vin de sa femme.

Papa s’est toujours refusé à passer son temps à boire et dépenser sa paie dans l’estaminet de son chef. Le contremaître se venge en desservant toujours Papa auprès du père Beaufour, le grand patron de la scierie menuiserie.
Mais papa verra son entêtement récompensé : Il vivra prés de quatre vingt huit ans, alors que la plupart de ses compagnons, y compris le contremaître, grâce au gros rouge et à la gauloise brune ne dépasseront guère les soixante ans…

A l’école la maîtresse nous parle aussi de l’alcoolisme. Elle nous dit que ce n’est pas beau de boire, et plus d’un litre de vin par jour c’est mauvais pour la santé. C’est beaucoup plus d’un litre par jour ? Je ne m’en rends pas très bien compte….

Papa doit en partie sa sobriété à la ténacité de sa maman qui avait beaucoup souffert de l’alcoolisme de son Papa. A la mort de sa maman elle avait du élever seule son petit frère sans l’aide de son père peu présent.
Ce dévouement lui a valu à vingt ans d’être élue rosière de Dreux pour l’année 1900. C'est-à-dire la jeune fille la plus méritante de l’année…Elle se serait bien passé de cet honneur malgré quelques subsides en récompense et une visite à l’exposition internationale de Paris 1900. Selon Papa elle n’en parlait jamais. Une autre rosière après elle aurait défrayé la chronique en s’avérant enceinte lors de son élection, sans être mariée bien sûr. (Ce qui était à l’époque la honte suprême pour une femme)

Ma grand-mère paternelle n’a pas eu de chance dans sa vie. Après avoir élevé seule son frère, elle a du élever seule son fils orphelin à 9 ans. Son mari, mon grand-père ayant été fauché à Verdun.
Elle a tout fait pour protéger son fils de l’alcoolisme, sa terreur. Elle le surveillait à la sortie de la boutique d’ébénisterie où dés douze ans il était apprenti. Papa s’était inscrit à la fanfare de la Lyre Druidique pour apprendre le solfège et à jouer d’un instrument, en l’occurrence du tuba. Mais il a du abandonner au bout de quelques mois. Les répétitions se terminait en beuverie au café de l’Epoque…Ma grand-mère ne l’a pas toléré……..

Elle était lingère, pendant la guerre de 14/18 à l’hôpital, après quelques années comme pionne à l’internat du lycée de Jeunes filles, à nouveau lingère chez différents commerçants (en particulier chez le plus gros boucher charcutier de la ville)
Elle mourra d’épuisement lors de l’exode de 1940. Papa a toujours regretté de n’avoir pu assister à ses obsèques, étant alors prisonnier à Berlin…

Papa s’il boit très modérément du vin, est un amateur de cidre. Il en boit régulièrement à chaque repas et quand il fait chaud. Il ne faut pas oublier les origines normandes de la famille. D’ailleurs il m’arrive à moi aussi d’en boire de temps en temps et pas toujours coupé d’eau…
Papa essaye laborieusement de faire son cidre lui-même. Un de ses copains d’école le fournit en pommes de son verger.
Ce copain a le même prénom que Papa, « Maurice » c’est pour cela que leurs camarades d’école les appelaient « les deux Maurice » car ils étaient inséparables.

Ce copain Maurice a une profession bizarre : il est vidangeur. Vous savez bien, le monsieur qui vient enlever tout le caca emmagasiné dans la fosse sceptique. Il est venu plusieurs fois à la maison pour cela. Avec son apprenti, (eh oui ! il y a aussi des apprentis vidangeurs) il a introduit un long tuyau de caoutchouc dans la fosse ouverte. Je ne savais pas que cela sentait aussi mauvais. Je m’en pince encore le nez. Puis il a mis une pompe bruyante et fumante en marche et tout a été transvasé dans un veux camion citerne poussif. Ensuite il va faire couler tout cela dans un champ d’épandage. Maurice en possède ainsi plusieurs autour de Dreux. Ils sont reconnus de loin à leur odeur. Sur un des ces champs qu’il m’arrive souvent de longer en accélérant le pas, verra dans une vingtaine d’année se construire le nouvel hôpital….
Le tout à l’égout est loin d’exister partout à Dreux. Et d’ailleurs les fosses sceptiques ne sont souvent que de simples trous aménagés dans la terre….Ma maison s’il elle possède une fosse sceptique aux normes, ne sera toujours pas reliée à un réseau de tout à l’égout au début du lointain prochain siècle……

Bon, si on revenait à un sujet bien plus odorant : le cidre de Papa

Maurice amène à Papa un tombereau de pommes de son verger dans son tracteur (pas celui qui sert à la vidange, bien sûr). Les trois pommiers que nous avons dans le jardin produisent des pommes comme l’on dit « à couteau « , c'est-à-dire qu’on épluche pour les manger ou en faire tartes et confitures, et non pour en faire du cidre….c’est pour cela que Papa a besoin des pommes de Maurice….
Papa a récupéré je ne sais où du matériel pour faire du cidre. Un moulin, un pressoir et quelques tonneaux. C’est drôle le moulin, on tourne une grande manivelle en fer sur le coté d’un cône carré en bois. (Un cône carré , je ne sais pas si cela existe, mais je ne serais toujours un cancre en géométrie, alors sans complexe , un cône carré ) Les pommes écrasées sont transvasées dans le pressoir. Une grande barre que l’on pousse en tournant le long d’une vis….Et le jus atterrit dans les tonneaux…
Je ne verrais l’opération que deux ou trois fois car Papa n’est pas très doué (chacun son métier).et le cidre n’est pas très bon…..
Papa expliquera plus tard qu’il a arrêté de faire du cidre, parce que les tonneaux étaient percés et qu’il ne savait pas les réparer alors que son grand père était tonnelier. Il possède d’ailleurs dans son atelier des outils de tonnelier dont il ne connaît pas le maniement. Pour avoir du cidre, du bon, il suffit de descendre la rue, chez Vandier où le cidre est en provenance directe d’une ferme de Chauffours…Papa ramène les bouteilles par six dans son porte bouteilles en fer torsadé et à la poignée de bois rond.

Ma deuxième année scolaire se déroule bien :
Je vais maintenant à l’école blanche sur mon petit vélo rouge, prés d’un kilomètre quand même et j’ai sept ans à peine.. Maman m’accompagne le plus souvent possible avant d’aller travailler, ou vient me chercher le soir après l’étude. Avant la rentrée scolaire, Maman avait étudié avec moi le parcours à suivre. . Elle avait même averti une de ses amies, avec mission de surveiller mon passage lors de mes trajets solitaires. Mais le chemin qui me fait passer devant les fenêtres de cette brave dame est, dés qu’il pleut, transformé en bourbier infranchissable pour le petit vélo et son cavalier. C’est pourquoi, j’ai très vite du changer d’itinéraire, en roulant toujours sur la route asphaltée avec une centaine de mètres supplémentaires

Le midi je reviens déjeuner à la maison. L’école considère que j’habite trop près (un quart d’heure à pied) pour rester avec mes camarades à la cantine. Maman a du batailler ferme auprès du directeur pour que je puisse venir à l’école en vélo et rentrer avec ma bicyclette dans la cour de récréation par une petite porte de service ouverte seulement pour moi à heure fixe…Je dois suspendre mon vélo debout à un crochet à l’entrée du préau. Et il est lourd ce vélo, même petit et rouge. Je fais tout de suite figure de petit canard ou de privilégié auprès de mes camarades, puisque j’ai une entrée privée.
A midi donc, je rentre à la maison. Je suis accueilli par des aboiements frénétiques et des battements de queues nerveux de ma chienne Louloute…. Avant que mes parents arrivent, je mets la table et je prépare comme je peux le repas…Après manger, je repars avant eux de la maison. Mais quand elle peut maman par prudence m’accompagne à l’école à vélo….
Même si je reste à l’étude jusqu’à six heures du soir où je fais mes devoirs scolaires, Maman me fait faire d’autres exercices. Des dictées à n’en plus finir. J’aurai toujours des problèmes avec la grammaire. Mais j’aime lire…
Maman m’abonne à plusieurs hebdomadaires pour enfants : Vaillant, Pierrot et surtout Tintin qui va me suivre un certain nombre d’années. Je deviendrai plus tard un tintinophile presque éclairé.

Dés que j’en ai fini avec mes devoirs, si papa travaille encore dans son atelier je file, avant qu’elle ne soit fermée à la boutique de Mme Verneau. Sinon c’est papa qui y va.
Car si papa travaille pour un patron, il travaille aussi pour des clients à lui le soir et le samedi, cela met un peu de beurre dans les épinards comme il dit.
Au retour de la guerre papa avait essayé de se mettre menuisier ébéniste à son compte. Cela n'a pas marché. Du travail, des commandes il en avait, mais pour se faire payer c'était une autre histoire. C'est pour cela qu'il s'est fait réembaucher dans la scierie menuiserie dans laquelle il travaillait avant la guerre. Il fabrique un peu à la chaîne portes, fenêtres, volets pour les petits immeubles de H.L.M en construction à Dreux. Car il y a un grand besoin de nouveaux logements dans cet après guerre...

Elle n'est loin la petite épicerie de la mère Verneau, en bas de la rue, à coté de chez Vandier.
Avec ma laitière en fer blanc, j’y achète du lait et quelques bricoles. Mme Verneau verse dans ma laitière cabossée le lait qu’elle puise avec une grande louche dans un bidon. Le dimanche matin, l’épicerie est fermée. Une camionnette stationne alors devant la boutique, et un monsieur distribue le lait venu directement de la ferme…
Le lait est cru, il est bon, mais avant de le boire maman le fait bouillir dans une grande casserole. Pour ne pas qu’il déborde, maman y plonge un anti-monte lait. C’est un rond en verre, comme un couvercle de pot de confiture….Quand le lait se met à bouillir, l’anti-monte lait se met à bouger fortement en produisant des chocs sonores dans la casserole qui nous préviennent qu’il est temps d’arrêter le gaz…

Notre quartier est très commerçant : On trouve a tout à moins de deux cent mètres de notre maison.

En face de notre maison : Un café coiffeur. C’est marqué sur la vitrine : Bill Café Coiffeur. La boutique est coupée en deux : Quand le gros Bill (il est épais et moustachu Bill) ne verse pas à boire sur le zinc du bar, il coupe les cheveux dans la partie coiffure. Comme il n’y a pas de séparations entre les deux activités, des conversations passionnées s’entament souvent entre les buveurs accoudés au bar avec celui qui se fait couper les cheveux et Bill. Les ciseaux à la main Bill réponds en parlant au grand miroir qui reflète à la fois le visage du coiffé et ceux des buveurs.…
Quand je passe devant la boutique, il m’arrive de chanter une chanson que J’aime bien.. Une chanson de Francis Blanche chantée par lily Fayol :

Et voilà l'gros Bill
Qui passe au p'tit trot, Tout le long de l'île au long de l'eau...
Il va vers la ville
Sans se presser trop Tout le long de l'île au long de l'eau...
J'te verrais bientôt
Grâce à mon cheval docile
Qui s'en va d'un pas tranquille Tout le long de l'île au long de l'eau... "

Comme je rigole autant que je chante, Bill me fait les gros yeux. S’il coiffe il me montre son rasoir, s’il donne à boire il fait des moulinets avec son torchon…..Il m’aime bien Bill et il me coupe les cheveux mais il voudrait bien que Papa vienne plus souvent dans son bistrot……

Dans le quartier il y a un boucher, un boulanger marchand de journaux, une salle de bal qui deviendra plus tard un cinéma , un marchand de vin et deux épiceries dont celle de madame Verneau . Je l’aime bien, elle me donne des bonbons. Son fils est un des mes copains de classe. Nous faisons souvent le chemin de l’école ensemble, mais lui n’a pas de vélo…
Bref une vie de quartier sympathique, mais tous les commerces auront disparus au début du siècle prochain…(sauf le marchand de vin transformé en Bar tabac)..


La ville de Dreux est divisée en trois parties :

-Le centre, ancien, blotti le long de la rivière Blaise autour du beffroi et de l’église. C’est là que ce trouve la plupart des commerces, l’hôpital, les médecins, notaires, bref la bourgeoisie Drouaise. .

-Au nord au-dessus de la ville, derrière la butte de l’ancien château le plateau nord, Ste Eve et les Fenots avec la caserne, le quartiers des militaires américains, le cimetière et plusieurs petites usines dont celle des poêles Potez..

- Au sud, après la ligne de chemin de fer, le plateau sud, les Rochelles et Rieuville, peu d’industries, seulement quelques ateliers de menuiserie ou de tôlerie, mais beaucoup de maisons de petits fonctionnaires (Cheminots, employés des P.T.T, et des régies municipales du gaz et de l’électricité). Un coté presque agricole, avec beaucoup de jardins ouvriers amoureusement entretenus et deux fermes, dont une juste derrière ma maison….

Les deux plateaux nord et sud sont des banlieues ouvrières aménagées pendant le front populaire par le Maire radical socialiste Maurice Viollette.
Moi j’habite aux Rochelles au plateau sud dans une petite maison accolée. Mais Il y a aussi des HLM ; Attention il ne s’agit pas de barres, de cités, notions complètement inconnues en 1953. Il s’agit de petits pavillons pour deux familles avec un petit jardin.


Mais la vraie division entre les Drouais se fait entre « laïcs » et « religieux ». Ce que les Drouais selon leur appartenance nomment les « curés, les culs bénis » ou « ceux de la sociale ou les viollettistes. (Electeurs du maire Viollette) ».
Les lecteurs de l’action Républicaine ne peuvent être que du côté du maire puisque ce dernier en est le principal actionnaire et chroniqueur….Papa y est abonné depuis fort longtemps et le reçoit chaque mardi et vendredi…D’ailleurs j’ignore le nom du journal local concurrent.

Le centre est essentiellement religieux avec le pensionnat St pierre (l’école des frères comme dit papa) tenu par la congrégation des frères maristes. Les plateaux avec leurs groupes scolaires leurs « HLM » version 1936 et leurs usines sont essentiellement laïques.

Il y a à Dreux deux associations sportives ; L’Alliance Drouaise (curé) et l’Espérance Drouaise (laïque) qui se font une guerre acharnée sur les stades et dans les salles de sport…L’Alliance a aussi une clique. L’Espérance n’en a plus depuis longtemps mais la fanfare de la lyre druidique l’accompagne lors des nombreux défilés dans Dreux avant les compétitions ou les festivités comme le 14 Juillet.


Le Jeudi il n’y a pas école :
Le matin, je reste à la maison avec ma chienne, mes livres, mes crayons de couleur, car je commence déjà à gribouiller, mais surtout avec le poste de radio. La radio restera un des piliers majeurs de ma culture.
J’écoute, sur Radio Luxembourg des émissions sur l’histoire de France sponsorisées par le chocolat Meunier. J’écoute aussi la voix étrange de Marianne Oswald raconter des histoires imaginaires de Remo Forlani. J’aurai l’occasion dans bien longtemps de connaître cette dame.
-L’après-midi je vais au patronage à l’école. S’il fait beau nous allons avec un instituteur gambader dans la campagne proche. S’il fait mauvais temps nous allons au cercle laïc pour voir des vieux films de charlot ou de Laurel et Hardy. Je participerai à de nombreuses activités et fêtes du Cercle jusqu’à la fin de mes études primaires.


En cette année 1953, un certain nombre d’événements :
-Le couronnement de la reine Elisabeth II. d’Angleterre. C’est la première émission de télévision en Eurovision. Peu de Drouais ont la télévision chez eux.. C’est devant un poste en vitrine d’un des rares revendeurs à Dreux que j’ai pu voir quelques images en direct. Il y avait un tel attroupement que j’ai failli étouffer ….
-Un nouveau Président de la République : René Coty.qui remplace Vincent Auriol après beaucoup d’hésitations des deux chambres. La quatrième république dans toute sa zizanie des partis…
-Mort d’un des plus grands dictateurs du vingtième siècle Staline…Mais il reste encore Mao, Franco, Salazar, et d’autres, et ceux à venir….


P.s. - Si un des amis blogueurs possède un enregistrement du "gros bill", je serai heureux de réentendre cette chanson en podcast…(annie cordy l'a aussi interprété)

Commentaires

Sacré challenge que d'écrire cette histoire....quel travail de mémoire tu as dû faire pour nous rappeler tout cela...encore un an ou deux et mes premiers souvenirs vont émerger à la lecture des tiens.

Désolée pour "gros bill", je ne connais pas mais je vais demander autour de moi

A bientôt

Écrit par : Anne-Marie | 14/05/2007

Avec les gamins de mon quartier nous faisions les cow-boys en chantant le gros Bill ... quels souvenirs tu fais remonter ! c'est marrant et je t'en remercie et te fais une très grosse bise !

Écrit par : Biche | 15/05/2007

tu fais remonter de sacrés souvenirs avec ton gros Bill !
et je t'en remercie. bonne soirée !

Écrit par : Biche | 15/05/2007

Eh bien me voilà transporté 50 ans en arrière en lisant ton autobiographie. J'ai aussi connu les pommes à cidre et à couteau. Mon grand-père lui les mélangeaint pour faire plus de jus mais au bout du compte çà faisait un cidre horrible. Merci d'évoquer ces souvenirs et en plus c'est bien écrit. Bonne continuation.

Écrit par : pierre | 16/05/2007

Me voilà replongé 50 ans en arrière. Je connais les pommes à couteau et les pommes à cidre que mon grand-père mélangeait avec pour obtenir plus de jus mais qui au final donnait un cidre quasi-imbuvable. Un autre point commun, j'allais aussi à l'école avec un petit vélo rouge dont j'étais très fier.
Merci pour ces moments évoquant nos jeunes années que vous relatez avec un tel souci du détail qu'on s'y croirait. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin.

Écrit par : pierre | 16/05/2007

Excuses pour ce doublon, je ne pensais pas que le premier avait été pris en compte.

Écrit par : pierre | 16/05/2007

J'ai lu le début. Envie de rire... il est 1 H 35, je serai plus fraîche demain matin pour me délecter. Bises de miche

Écrit par : miche | 18/05/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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